Strasbourg, 2 octobre
Ces grands nuages blêmes
noueux / immobiles / immense écume immobile / vide, vide /
souffles pétrifiés, vides / blocs de larmes dérivant dans l'eau
vide du ciel
Mon dieu oui c'était donc ça
Jean-Luc Nancy dans la préface de ce livre :
le titre est particulièrement juste
Météoriques évoque ce qui traverse le ciel apparaît, brille disparaît les fragments du livre ont quelque chose de ces phénomènes ils surgissent passent laissent une trace puis s'effacent
la forme elle-même est soumise au temps rlle ne cherche pas à construire un monument poétique Elle accepte l'inachèvement la discontinuité la disparition
on peut rapprocher cette démarche d'une écriture de l'attention noter ce qui arrive avant que cela ne soit absorbé par les habitudes de la pensée
le livre est ainsi un journal du temps dans ses deux dimensions le temps météorologique celui du ciel qui change et le temps humain celui qui passe et nous transforme
le ciel est vide et pourtant il arrive
une lumière passe sur la terre
elle ne vient de personne
elle ne promet rien
les nuages traversent
la pensée traverse
les jours passent dans les jours
ne plus demander au ciel
ce que la terre peut donner
habiter ce peu
la pierre le vent
le visage des morts
la couleur changeante des choses
écrire non pour retenir
mais pour laisser paraître
un fragment
puis un autre
comme ces météores
qui ne possèdent pas le ciel
et qui pourtant
un instant
le rendent visible

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