il n'y a plus qu'à regarder
droit
devant soi
ou à fermer les yeux
si
nous tournions la tête
le vertige ramperait jusqu'à nous
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
il n'y a plus qu'à regarder
droit
devant soi
ou à fermer les yeux
si
nous tournions la tête
le vertige ramperait jusqu'à nous
elle voit sa propre forme
cette forme
est
le monde
ainsi
ma femme à la chevelure
de feu
de bois aux pensées
d'éclairs
de chaleur à la taille
de loutre entre les dents
du tigre à la langue
d'hostie poignardée aux cils
de bâtons
d'écriture
d'enfant aux sourcils
de bord
de nid
d'hirondelle aux épaules
de champagne et
de fontaine à têtes
de dauphins sous la glace.aux doigts
de hasard et
d'as et
de cœur aux doigts
de foin coupé.aux jambes
de fusée aux mouvements
d'horlogerie et
de
désespoir aux mollets
de moelle
de sureau aux pieds
d'initiales aux pieds
de trousseaux
de clés aux pieds
de calfats qui boivent.aux fesses
de grès et
d'amiante aux fesses
de dos
de cygne aux fesses
de printemps au sexe
de glaïeul.au sexe
d'algue et
de bonbons anciens
elle est une
l'éternel retour du même
dans la jungle
de la solitude un beau geste
d'éventail peut faire croire à un paradis
sur le plan intellectuel c'est en me laissant aller au fond
de l'ennui qu'il m'est arrivé
de rencontrer
des solutions insolites tout à fait hors
de recherche à pareil moment et
dont certaines m'ont valu
des raisons
de vivre
la nuit
fonctionne comme la neige
efface
le paysage
pourquoi
n'accorderais-je pas au rêve
ce que je refuse parfois à la réalité
soit
cette valeur
de certitude en elle-même qui
dans son temps
n'est point exposée à mon désaveu