un pays imaginaire
un miroir magique
dans lequel on fait apparaître ce qu’on veut
s’il y a lieu
c’est d’abord un silence
le cas échéant
un temps en suspens
une lumière rasante qui souligne le paysage
l’absence de mouvement
tout est
répétition re-parcours retour
en fait
même la première fois
est
une seconde fois
la nostalgie de l’infini
c’est
un privilège
une chance inouïe
une occasion à ne pas rater
entrer dans ce repli du monde
sens unique
ne pas trouver son chemin dans
une ville
ça ne signifie pas grand-chose
mais
s’égarer
dans
une ville comme on s’égare dans
une forêt demande toute
une éducation
c’est
une histoire en chute libre
dans ma mémoire
un tapis poussiéreux
les tentatives
les épreuves
les coups reçus
mieux vaut être borgne debout qu’être aveugle à genoux
un soir d’aubépines en fleurs
ne pas assister à ses propres coulisses
c’était
un vélo Peugeot bleu à trois vitesses
écrire
c’est broyer
éroder le monde
sur le sable
ces signes énigmatiques
il faudra les déchiffrer
avancer fuir encore
on le reconnaît au toucher
des visages
des visages qui me voyaient