vent eau pierre
le vent
l'eau
la pierre
seul celui qui a peu de moyens a quelque chose à dire
c’est par le regard qu’on entrera dans cette poésie faute de pouvoir ici suffisamment faire entendre ce qu’elle nous montre sans cesse
dans cette sorte d’ écriture picturale on sera convoqué d’abord par l’agencement la composition des mots des phrases rares sur la page blanche
mots donnés ici à voir comme autant d’éclats de fragments plus ou moins isolés de blocs de bribes de tronçons de langue disposés sur une page dont la présence blanche palpitante s’impose en retour
présence essentielle physique de cette blancheur
ici
les blancs
les vides
les lacunes
sont très largement donnés
à voir
à sentir
à éprouver
la trace écrite côtoie en permanence ce fond blanc suggérant tout à la fois
l’espace
l’immensité
le silence
présence essentielle de ces blancs qui s’affirment comme
conséquences d’
une écriture
sans cesse élaguée
taillée
sculptée
langage délibérément appauvri ou du moins fonctionnant volontairement avec très peu de moyens