Wasting Time on the Internet
Nous avons tendance à mesurer la valeur d’une activité à son rendement : ce qu’elle produit, ce qu’elle rapporte, ce qu’elle permet d’accomplir. Le temps sans résultat visible devient suspect.
Goldsmith défend une autre possibilité : un temps d’exploration dont la valeur ne se manifeste pas immédiatement, un temps de jeu, d’association et de découverte.
Il ne s’agit pas de prétendre que toute heure passée devant un écran est précieuse. Il s’agit de reconnaître qu’une expérience peut avoir de la valeur sans se convertir immédiatement en résultat mesurable.
Cette idée rejoint une distinction fondamentale : le temps utile n’est pas nécessairement le temps fécond, et le temps qui paraît improductif n’est pas toujours stérile.
Wasting Time on the Internet est un manifeste pour une conception plus ouverte de la création à l’époque numérique. Goldsmith y montre comment la navigation, la collection, la circulation des textes et les échanges en ligne transforment nos manières de lire, d’écrire et de vivre ensemble.
Son intuition la plus intéressante est que l’errance n’est pas forcément l’opposé de la pensée : elle peut en être le milieu d’émergence.
Le livre ne résout pas les contradictions d’Internet. Il nous invite à les habiter lucidement, en distinguant la disponibilité créatrice de la simple captation de l’attention.

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