
Claude Monet, environ de Honfleur vers 1867
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
Depuis le jour où le point de la terre où nous sommes prit sa première rugosité, destinée à se transformer graduellement en montagne, la nature, qui est le mouvement, la transformation incessante, a travaillé sans relâche à modifier l'aspect de cette protubérance : ici elle a exhaussé la masse ; ailleurs elle l'a déprimée ; elle l'a hérissée de pointes, parsemée de coupoles et de dômes ; elle en a ployé, plissé, raviné, labouré, sculpté à l'infini la surface mouvante, et maintenant encore, sous nos yeux, le travail se continue. A l'esprit qui contemple la montagne pendant la durée des âges, elle apparaît flottante, aussi incertaine que l'ondée de la mer chassée par la tempête : c'est un flot, une vapeur ; quand elle aura disparu, ce ne sera plus qu'un rêve.