le premier vert de la nature est or
l’apparition contient déjà
sa disparition
le vivant ne conserve pas sa beauté
il la traverse
la feuille est fleur avant d’être feuille
éclat avant de devenir forme
promesse avant de devenir
mémoire
l’automne recommence cette fulgurance dans l’or
plus grave des choses
qui s’achèvent
rien d’or ne dure
mais rien ne dure sans avoir, un instant,
touché à l’or
le blanc ouvre l’espace le bleu l’approfondit
le vert le rend habitable l’or y surgit
comme une brève révélation
ne cherche pas à le retenir
reçois son apparition
laisse-le disparaître
car l’or n’est peut-être pas une couleur qui demeure
mais l’intensité d’un instant où le monde
devient visible autrement
rien d’or ne dure mais l’éphémère
suffit à révéler
l’immensité
l’or des commencements et l’or des fins se confondent
dans un même éclat
ce que nous contemplons porte peut-être déjà la trace
de sa disparition
mais la fin du monde est-elle un événement à venir
ou une manière de regarder
ce qui s’efface
rester vigilant c’est habiter cette incertitude sans céder
à la prophétie accueillir la beauté
sans la croire éternelle
rien
d’or
ne
dure
veille
donc sur l’éphémère
non pour le retenir mais pour ne pas manquer
son apparition
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire