rien au monde n’est plus grand que la pointe
du poil automnal
un duvet de lumière sur la feuille
le froid approche
la saison se resserre
or
dans l’infime
l’immense
une pointe
un presque rien
et tout le ciel
y tient
la feuille tombe la terre reçoit
le monde ne diminue pas
il devient
plus petit
jusqu’à toucher
l’infini
réchauffer l’ancien
dans les mains
une braise
sous la cendre
le nouveau vient
sans bruit
la même eau
une autre lumière
le même pas
un autre chemin
ne pas répéter
ne pas oublier
tenir l’ancien
assez près
pour qu’il respire
maître
celui qui transmet sans fermer
celui qui reçoit sans posséder
dans la chaleur
ce qui était ancien
recommence
à naître
rien n’a changé
la pierre
le ciel
l’eau
le vent
tout est là
et pourtant
la lumière se déplace
l’eau n’est plus la même
le regard a bougé
un instant
un autre
rien ne change
que la place
du monde
en nous
tout change
sans quitter
ce qui
est
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