Roman publié en 1871-1872
Les Démons
un grand roman politique philosophique et psychologique dans lequel Dostoïevski explore les ravages du nihilisme révolutionnaire de l'idéologie et de la perte des repères spirituels
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
Roman publié en 1871-1872
Les Démons
un grand roman politique philosophique et psychologique dans lequel Dostoïevski explore les ravages du nihilisme révolutionnaire de l'idéologie et de la perte des repères spirituels
toute misère singulière s’enracine dans une misère commune
la tristesse a sa géométrie
spirale sociale
tourbillon du sens commun
tourment sans visage
le butsukari choc furtif violence en retrait
bousculer puis disparaître
laisser l’autre
à sa découpe dans l’espace
une silhouette déplacée
un lieu devenu douteux
l’offense sans violence
la paix éclair l’agression immatérielle
apparaître atteindre s’effacer
la foule comme masse le nombre comme arme
chanceler parmi tous
hériter du vacillement
corps atteint âme décentrée
faire douter l’autre de son droit terrestre
mais exister c’est être un lieu
reconnu mobile
irréductible
le bousculeur
praticien du multiple usurpateur du nombre
l’anneau de Gygès
l’invisibilité comme puissance
agir sans être vu
triompher sans répondre
la pluralité blessée
l’indépendance niée
la petite violence bombe à retardement
réduire l’espace à un vide disponible
nier le plusieurs
abolir le voisin
vivre parmi les autres
sans leur prendre leur place
habiter la terre c’est être un lieu parmi les lieux
Butsukari
non pas éviter l’obstacle mais l’éprouver
seppuku solitaire
le geste retourné contre soi
le silence comme dernier témoin
l’honneur enfermé dans sa propre chambre
mais qui juge et qui condamne
dans le retrait une énigme demeure
se défaire de soi ou rompre avec le monde
la solitude devient lame
lorsqu’elle ne trouve plus d’ouverture
rester au bord du geste
écouter ce qui demande encore à vivre
est-ce vraiment vivre que de vivre ici sur la terre
non pas pour toujours ici sur la terre
on voit mieux de loin
le proche retient le lointain délivre
la forme se dégage
le détail se perd
dans cette perte le monde apparaît
l'attention est une caméra
elle cadre
elle retranche
elle laisse hors champ ce qu'elle rend visible
puis s'immobilise
et le monde déborde de toutes parts
je suis une image qui se regarde
à travers ce qui la traverse
une lumière me déplace
le temps me renverse
je demeure
dans l'œil qui passe
et disparais
dès que je me reconnais
vertige
le sol se retire
le ciel descend
entre les deux un regard sans appui
je tombe
dans l’immobilité
du monde en rotation
j’ai un siècle dans les yeux
et l’instant
qui n’a pas d’âge
la pierre me précède le vent me traverse
je n’ai pas vécu longtemps
j’ai vécu large
le temps s’est déposé
sans me retenir
une séquence est une suite
mais la suite déplace l’origine
chaque terme ouvre
ce qu’il ne poursuit pas
un pas après l’autre la marche invente le chemin
puis
le chemin défait l’ordre
de ce qui vient