la nostalgie de tout abandonner
non pas partir mais défaire en soi ce qui retient
laisser la maison aux saisons
les noms à leur poussière
les heures à leur écoulement
ne plus rien porter
que le poids du corps dans l’air du matin
marcher sans projet
jusqu’à ce que le chemin cesse d’être un chemin
il y a
dans ce désir
moins une volonté de disparaître
qu’une fatigue de se maintenir à la place qui nous fut donnée
tout
abandonner
pour retrouver le monde
avant qu’il nous appartienne

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