Si comme le propose Hegel
la perception d'une suite de sons évanescents est essentielle à la conscience de soi, alors une perturbation de la compréhension de leur séquence altérerait votre propre présence à vous-même
Or c'est précisément ce qui peut se produire après une mort subite
Vous n'êtes plus inconsciemment soutenu par cette intuition pulsante, instantanée et continue, de votre présence dans le temps, qui vous maintient à flot même lorsque chaque pulsation du présent efface naturellement la précédente
Le soi lui-même, affirme Hegel, appartient au temps et coïncide avec lui dans son mouvement oscillant entre son immédiateté et sa séparation
Le temps est l'être du soi
À tel point que le temps propre au son avec sa succession évanescente d'une myriade d'instants met le soi en mouvement
Vous êtes en effet fondé et soutenu par la séquence du rythme
Se retrouver brutalement plongé dans l'expérience de l'atemporalité qui doit être dépourvue de tout rythme sonore et de toute attente confiante quant à l'avenir signifierait donc vivre une sorte de suspension prolongée
Denise Riley
Le temps vécu sans son flux
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire