et si le plus grand mystère n’était pas de comprendre le monde
mais de s’émerveiller qu’il existe
publié initialement en 1946 sous le titre Nature et Mécanisme cet essai de Robert Hainard naturaliste graveur et sculpteur animalier suisse porte une interrogation d’une étonnante actualité : que devient notre rapport au vivant lorsque la science la technique et l’économie prétendent organiser toute l’existence
pour Hainard connaître la nature ne suffit pas Il faut aussi savoir la regarder l’éprouver en reconnaître la richesse irréductible L’observation scientifique si rigoureuse soit-elle ne saurait remplacer l’intuition la sensibilité artistique et cette disponibilité intérieure qui nous fait accueillir le monde autrement que comme un ensemble de ressources exploitables
À travers sa passion pour la faune sauvage et son expérience directe des paysages, l’auteur défend une pensée où l’analyse et l’émerveillement ne s’excluent pas Il récuse aussi bien une science privée de sensibilité qu’une poésie détachée de l’expérience et du réel
Car le vivant ne se réduit pas à un mécanisme Il se déploie agit invente ses formes et ses relations Il possède une puissance propre que nos connaissances éclairent sans jamais l’épuiser
À la civilisation industrielle qui transforme les êtres et les paysages en instruments de rendement Hainard oppose une autre manière d’habiter la Terre attentive libre respectueuse de la spontanéité du monde naturel
Le Miracle d’être est ainsi un plaidoyer pour une intelligence qui ne sépare pas la connaissance de la sensibilité ni la pensée de l’expérience vécue Une invitation à résister à l’appauvrissement du monde et à retrouver dans la présence d’un animal sauvage d’un arbre ou d’un paysage l’évidence bouleversante de l’existence
réapprendre à voir
comprendre sans réduire
connaître sans posséder
retrouver au cœur du vivant le sentiment du miracle d’être

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