ne le dis plus comme ça
si la beauté te préoccupe
sors au grand air dans une clairière et repose-toi
surtout quoi qu’il t’arrive de drôle ne t’inquiète pas
accepte-le
ne demande rien de plus
ce serait étrange
considère-toi
toi qui as tant de personnes qui t’admirent et sont prêtes
à faire des choses pour toi
mais cesse de penser que ce n’est pas juste
qu’elles ne te connaissent pas vraiment
voilà pour l’introspection
maintenant
occupe-toi du contenu de ton poème-peinture
choisis des fleurs
préfère les tulipes
rappelle les noms des garçons que tu as connus et leurs vélos
lance des fusées
demande-toi si elles existent encore
découvre beaucoup d’autres choses de même qualité
reprends celles que tu as mentionnées
trouve quelques mots importants
multiplie la discrétion
assourdis les voix
laisse-la s’approcher de toi
parle de l’achat de sa maison
soudain transforme la rue
en bananes et en fracas d’instruments japonais
disperse des testaments banals alentour
enferme sa tête dans la tienne
balancez-vous ensemble
écris ce que cela te fait lorsque tu écris de la poésie
affronte l’austérité extrême d’un esprit presque vide
heurte-la au feuillage luxuriant
à la Rousseau de ton désir de communiquer
transmets quelque chose entre deux respirations
ne serait-ce que pour le bien de tous
pense aux autres
à leur désir de te comprendre et de t’abandonner
dirige-les vers d’autres centres de communication
laisse la compréhension commencer
et tandis qu’elle commence laisse-la se défaire
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