écrire permet-il à quelqu’un de voir mieux
ou seulement de déplacer l’ombre
autour des choses
jusqu’à ce qu’apparaisse
ce qui était là
mais que le regard
ne savait pas encore
ne pas voir
ses livres sont écrits avec une terre violette
une poussière ancienne remuée dans la profondeur
les mots en gardent une humidité obscure
on croit
lire des phrases
mais c’est le sol qui
se soulève
sous les yeux
chaque page déplace une couche du monde
sous la dernière la terre violette continue de ne rien révéler
une spirale frappée de flèches
le centre se dérobe à mesure qu’on s’en approche
chaque flèche indique une sortie qui reconduit ailleurs
tourner n’est pas revenir
le mouvement creuse ce qu’il traverse
dans
la spirale
quelque chose s’éloigne
en pénétrant plus
avant
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