interroge le manque comme une neige qui recouvre le chemin
suis-le
jusqu’au fer qui s’effrite
accueille
l’oiseau de la chance
observe ses ombres sur l’aile
reconnais
dans l’absence le conduit secret de la lumière
laisse le désir réchauffer ce qui se ferme
accepte
l’alternance de la chaleur et du froid
regarde
l’oiseau sans chercher à le retenir
la fécondité du manque
l’absence n’est pas un vide immobile mais un passage
où circulent la lumière et la chaleur du désir
tandis que la chance apparaît et se retire comme
l’ombre d’un oiseau sur le monde
c'est l'as
de tout désir
alimenté par la fumée
et la flamme de ce
feu éteint
de tout désir
alimenté par la fumée
et la flamme de ce
feu éteint
la survivance du désir
ce qui s’éteint continue de brûler dans l’absence même
la cendre entretient la flamme
invisible du désir
connais les noms prononce-les comme une prière
porte-les
entre les dents et les yeux sur le front
reconnais dans leur simplicité une manière d’être au monde
fais confiance
au sentiment avant l’explication
laisse le nom approcher la chose sans prétendre l’épuiser
retrouve
dans cet acte élémentaire la pureté d’une présence
la fidélité aux choses délaissées
accueille la poussière l’usure les rebuts et les morts comme une présence silencieuse du monde préfère la lenteur à l’efficacité reconnais dans le sol ordinaire une mémoire commune et dans la discrétion une manière d’habiter ce qui demeure
Répète sans cesse la poésie du réel puisque le langage se divise et s’éloigne du sens reprends chaque mot au point où il se dérobe fais de la fin un nouveau commencement explore rigoureusement les possibilités ouvertes par chaque œuvre et maintiens la vérité en mouvement dans l’inachèvement même du langage
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