reste devant le rocher
regarde
porte ton regard
sur sa surface sans savoir ce qu’elle retient
perds-en les contours
retrouve-les
unis-toi à l’immobilité
qui travaille la pierre dans le silence
reçois sa présence dans son inépuisable opacité
n’exige pas de pénétrer son secret
détourne-toi reviens avec des yeux plus lents
suis les fissures les veines sombres
les éclats demeurés en suspens
approche la main sans toucher encore
écoute sous la rugosité la lente patience des siècles
laisse le lichen dessiner ses continents pâles
regarde la lumière glisser sur une arête puis s’effacer
sens ton corps reprendre son poids
reconnais dans ce rocher la montagne encore invisible
le fond ancien de la terre
avant même de voir l’abîme
demeure
la pierre
Roselend octobre 2026



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