une lueur momentanée de conscience
le monde affleure
avant le nom avant la pensée
la présence nue
puis l’obscur reprend
non comme une absence
mais comme ce qui ne cesse pas
d’être là
la conscience n’aura été
qu’une ouverture du réel
sur lui-même
j’entourais
complètement
ma tête de mon oreiller
abolir
le dehors
retrouver la nuit close
la respiration
contre le tissu le monde tenu à distance
puis lentement
les contours se défont
je ne dors pas encore je ne suis déjà plus ici
entre l’oreiller et le rêve
une dernière épaisseur de conscience
se retourne et disparaît
l’ange de la certitude
avait tout arrêté autour de moi
le vent suspendu dans
les branches
la poussière immobile dans
le rayon de lumière
l’heure retenue au bord de
son écoulement
plus rien ne pouvait advenir
ni doute ni attente
l’ange ne parlait pas il avait posé ses ailes
sur le mouvement
du monde
dans cette immobilité absolue
je ne savais plus
si j’avais trouvé la vérité
ou si
la vérité venait de supprimer
jusqu’à la possibilité de la chercher
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