l’heure des prédateurs
le monde ancien croyait aux règles
à la lenteur des institutions
à la raison comme mesure de la force
puis sont venus ceux qui ne demandent plus la permission
ceux qui font du désordre une arme
de la provocation une méthode
de l’attention une proie
le pouvoir ne cherche plus toujours à convaincre
il sidère
il occupe l’espace
il impose son tempo
pendant que les institutions cherchent encore
le nom de ce qui leur arrive
les princes de la technologie avancent avec
leurs machines à capter le monde
les chefs autoritaires avec leur volonté sans frein
les algorithmes distribuent la colère
les foules deviennent des territoires disputés
les algorithmes distribuent la colère
les foules deviennent des territoires disputés
machiavel revient par la porte du présent
la force n’a pas disparu sous les lois
elle attendait son heure
la démocratie découvre que ses règles ne la protègent pas
si elle ne sait plus les défendre
l’heure des prédateurs
c’est peut-être le moment où la puissance cesse de se justifier
et où le monde doit réapprendre à lui résister
La force de l’essai tient à son art de saisir une mutation historique par des scènes concrètes plutôt que de construire uniquement une démonstration théorique
Son rapprochement entre les nouveaux dirigeants et les Borgia donne une profondeur historique à des phénomènes que nous pourrions croire entièrement nouveaux
Sa limite possible est celle de l’essai engagé
la métaphore du prédateur est puissante mais elle peut rapprocher des acteurs dont les intentions les moyens et les responsabilités diffèrent
Elle éclaire un mécanisme sans suffire à elle seule à expliquer toutes les transformations politiques
da Empoli
nous invite à regarder le pouvoir
sans naïveté
la brutalité n’est pas toujours le contraire de la modernité
elle peut en devenir l’un des usages
les plus efficaces

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