au début de la deuxième dissertation de la
Généalogie de la morale
1887
Nietzsche définit l'oubli comme une force active
et non comme une simple défaillance
de la mémoire
l'oubli comme faculté de fermeture
Nietzsche écrit que l'oubli n'est pas seulement une vis inertiae une force d'inertie comme on le croit superficiellement il est plutôt une faculté active d'inhibition une puissance positive qui empêche le passé d'envahir continuellement la conscience
il le compare à un gardien qui maintient
l'ordre psychique
sans cette force nous serions submergés par les expériences
les impressions et les événements antérieurs
l'oubli permet donc à la conscience de se dégager
de ce qui vient d'avoir lieu
de faire place au nouveau et de vivre
dans le présent
l'oubli comme condition de la vie
pour Nietzsche
il faut pouvoir oublier afin de
pouvoir agir
une mémoire totale dans laquelle chaque expérience resterait constamment présente paralyserait l'existence l'individu serait prisonnier de ce qu'il a vécu incapable de commencer véritablement quelque chose
l'oubli est ainsi
une puissance de sélection et de dégagement
il ne détruit pas simplement le passé
il empêche celui-ci
de saturer le présent
oublier
c'est pouvoir ne plus être
continuellement retenu par ce qui a été
mais l'homme doit aussi pouvoir promettre
toute la difficulté de la deuxième dissertation
apparaît ici
comment un être naturellement oublieux peut-il devenir capable
de promettre de répondre de ses actes et de maintenir
sa volonté dans le temps
Nietzsche introduit alors la mémoire de la volonté elle ne consiste pas à conserver passivement tous les souvenirs mais à maintenir une décision à travers le temps
vouloir encore ce que l'on a voulu
même lorsque de nouvelles circonstances
ou de nouvelles impressions pourraient nous en détourner
l'homme capable de promettre doit donc acquérir
une certaine maîtrise de son avenir
il y a
une tension
entre deux forces
l'oubli actif
libérer le présent du poids du passé
la mémoire de la volonté
maintenir une orientation à travers le temps
la portée philosophique
l'oubli
nietzschéen
n'est
ni ignorance
ni faiblesse
il est une condition de la santé psychique
de la spontanéité et de l'action
la mémoire
conserve le passé
l'oubli actif
empêche le passé
de devenir notre maître
oublier n'est pas perdre le passé
c'est empêcher le passé
d'occuper toute la place du vivant
c'est pourquoi cette force
est dite active
elle ne subit pas passivement une disparition
des souvenirs,
elle exerce une fonction de régulation
de clôture et d'ouverture
elle rend possible
le mouvement même de la vie

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire