suis
les états de ta conscience
du dedans au dehors
jusqu’à l’horizon qui les enveloppe
prends plaisir à être bien assis respire la bonne odeur de l’air préserve-toi des visites écoute l’heure sonner au clocher Regarde tomber morceau par morceau l’après-midi déjà consommé
laisse le long silence ouvrir dans le ciel bleu le temps qui t’est encore accordé réserve-le à la lecture étonne-toi de la proximité des heures vois-les s’inscrire l’une auprès de l’autre dans le ciel
mesure l’impossible étendue des soixante minutes dans le petit arc bleu qui sépare leurs marques d’or
reconnais ce qui a eu lieu sans avoir eu lieu pour toi laisse la lecture ensommeiller tes oreilles permets-lui d’effacer la cloche d’or sur la surface azurée du silence
retrouve les beaux après-midi du dimanche sous le marronnier vide-les des incidents médiocres de ton existence remplace-les par une vie d’aventures et d’aspirations étranges au sein d’un pays arrosé d’eaux vives
laisse ces heures revenir lorsque tu penses à elles
reconnais la vie qu’elles contiennent
contourne-la peu à peu
enclos-la dans le cristal successif de tes heures silencieuses
sonores odorantes et limpides
lis tandis que progresse le temps
regarde tomber la chaleur du jour
laisse passer les feuillages à travers le cristal des heures
garde en toi leur feu


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