marcher
la pente sous le pied
le pied sous la phrase
quelque chose avance sans savoir quoi
ne rien dire
pourtant le pas compte
un deux
un deux.
rien sinon le déplacement
j’écris la marche et la marche efface
ce que j’écris
le chemin n’est pas là
il vient dans le pied disparaît dans le pas suivant
pierre souffle herbe courte
le corps passe
le mot reste un instant puis passe aussi
ne rien taire
mais quoi dire de cette presque absence qui fait tenir
chaque chose
j’avance dans ce qui n’a pas de nom.
j’écris dans ce qui n’a pas encore de phrase
le regard devant la main derrière
entre les deux
une trace qui ne sait pas si elle est trace
pas après pas ou mot après mot
même hésitation
même perte
je ne décris rien
je suis dans l'apparition de ce qui s'écrit en moi
la langue trébuche le pied aussi
ce qui tombe n’est pas nécessairement une erreur
un silence entre deux mots une pierre entre deux pas
même intervalle
écrire cela
le mouvement qui ne conduit nulle part sinon
à sa propre continuation
ne rien dire ne rien taire
marcher jusqu’à ce que le chemin ne soit plus
qu’une manière de perdre
le chemin
et continuer
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