et tout ce que l'on sait
qu'on n'a pas seulement entendu comme
un bruissement ou un
grondement
se laisse
dire en trois
mots
cette expression suggère que la connaissance véritable ne se réduit pas à une impression confuse à un bruit perçu sans être compris ce que l'on sait intimement ce qui a été assimilé par la pensée peut trouver sa forme dans une extrême condensation trois mots suffisent parfois à contenir ce qu'un long discours ne parvient pas à saisir la brièveté n'est pas ici une réduction mais l'aboutissement d'une expérience intérieure
un écrivain essayiste et journaliste autrichien figure critique de la vie intellectuelle viennoise du XIXᵉ siècle proche des mouvements révolutionnaires de 1848
il connut l’exil et développa une pensée mordante volontiers polémique à l’égard de la société bourgeoise et de ses illusions
son nom est notamment associé à Der Amerikamüde Lassé de l’Amérique 1855 roman qui interroge les promesses du Nouveau Monde et le désenchantement de celui qui y cherche une liberté nouvelle
Ferdinand Kürnberger regarde la modernité sans complaisance il se méfie des grands mots des idéaux transformés en slogans des existences qui se conforment à ce qu’elles prétendent admirer
sous son ironie
affleure une question philosophique
que devient la liberté lorsque la société lui dicte
jusqu’à la forme qu’elle doit prendre
il appartient à cette lignée d’écrivains pour qui la lucidité est une forme d’insoumission la littérature ne console pas nécessairement elle démasque dérange retourne les discours contre eux-mêmes
Kürnberger c’est le regard qui ne se laisse pas éblouir par les promesses du progrès le monde proclame ses vérités
l’homme s’y conforme
et quelque part dans la phrase
une fissure demeure
penser
commence peut-être au moment où l’on cesse de croire
les mots qui nous dispensent
de regarder

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