une image
de présence énigmatique
la blancheur
du corps rencontre l’obscurité
les seins
deviennent moins une figure érotique
qu’un signe de vulnérabilité et de naissance
le silence enveloppe la scène
comme un espace suspendu entre
apparition et secret
un paysage intérieur
la blancheur de la neige
se dissout dans l’obscurité de l’encre
le lac devient un miroir solitaire
où se confondent lumière mémoire et silence
une conscience
lancée au bord du monde
le regard
prend de la hauteur
la vitesse défait les repères
révèle le vide comme un envers du réel
une profondeur
cachée derrière les apparences
dehors devant soi
montagnes et montagnes
l’infini du paysage
comme une succession de seuils
chaque montagne en révèle
une autre
le dehors
une profondeur
sans terme
le regard
une marche vers ce qui demeure
toujours au-delà
ce bien de silence
une richesse intérieure
un espace soustrait au bruit du monde
la pensée se repose
quelque chose
de plus profond peut enfin apparaître
dénuement
l’état de celui qui ne retient plus rien
le dépouillement volontaire ou subi ramène l’existence
à l’essentiel jusqu’à laisser apparaître
sous les choses une forme
nue du réel
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