la pierre dans l’air je la suivais
comme si
son mouvement précédait
mon regard
suivre sa chute ou son élan
revenait à entrer
dans la trajectoire même
de la matière
le monde devenait alors
une ligne de force où le regard
se mettait lui aussi en
mouvement
ton œil aussi aveugle que la pierre
l’un regarde sans voir
l’autre tombe sans savoir
et pourtant tous deux traversent le même espace
portés par une force qu’aucun ne voit
fleur
un mot d’aveugle
non pas ce que l’œil
voit
mais ce que la main
reconnaît
le parfum devine
le silence fait éclore
racine
un mot encore
et les marteaux bondissent
dans l’espace
comme si
le langage frappait la matière
jusqu’à faire apparaître son invisible
les fronts nous roulons avec eux
là-bas le rivage
de fronts
la pensée comme une eau sans visage
qui roule avec nous jusqu’à l’effacement

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire