paradoxe du regard
ce qui est toujours visible finit par devenir
invisible
par excès de familiarité
la présence absolue
devient une forme d’absence
à force d’être là
la seule façon
de passer inaperçu
est d’être perçu constamment
un retrait du monde et de soi-même où la mémoire
cesse un instant de retenir
les choses
être assis
sans passé
sans attente
et laisser le monde
oublier qu’on le regarde
être assis dans l'oubli
une pensée qui ne cherche pas à tout dire mais
à laisser apparaître ce que
les mots recouvrent
le silence n’est pas l’absence de parole
il est ce qui organise
la parole autour de l’indicible
logique du silence
cette phrase de Friedrich Schlegel définit l’ironie comme
une conscience du caractère inépuisablement
mouvant du réel
le chaos n’est pas ici un simple désordre
il possède une plénitude infinie
une capacité perpétuelle à produire
de nouvelles formes
l'ironie est la claire conscience de l’agilité éternelle
et de la plénitude infinie
du chaos
l’ironie consiste à ne jamais prendre définitivement au sérieux
une forme particulière parce qu’on sait qu’elle peut
toujours être dépassée renversée
ou recomposée
l’ironie
sait que toute forme
est provisoire
et que le chaos
ne cesse jamais de devenir
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