le dernier des Atlantes
le dernier survivant d’un monde englouti une figure archaïque
qui porte encore en lui la mémoire
d’une civilisation disparue
c’est celui qui arrive après la fin du monde
avec pour seul héritage
le souvenir d’un continent
qui n’existe plus
encore mort déjà vivant
le paradoxe d’une existence prise entre
disparition et naissance
la mort comme ce qui s’achève et la vie
comme ce qui surgit déjà
dans ce qui disparaît
encore mort
déjà vivant
entre les deux
le monde recommence
la pensée est un acte
elle n’est pas seulement contemplation ou
représentation du monde
elle est une force qui transforme celui qui pense
et modifie son rapport au réel
penser
c’est déjà agir
le monde commence
là où la pensée se met en mouvement
la deuxième vie
une existence qui commence après une rupture
avec la première
une vie moins subie plus consciente
comme si l’on renaissait sans
changer de corps
la première vie nous arrive
la deuxième
nous la choisissons
l’éternité est sûrement retrouvée
puisque
comme toujours
la mer est mêlée au soleil
cette formule de Rimbaud
fait de la mer et du soleil les signes
d’un éternel recommencement
l’éternité n’est pas un au-delà
abstrait
elle est retrouvée dans une image élémentaire
et toujours recommencée
la mer mêlée au soleil
la lumière et l’eau se confondent comme si les contraires
retrouvaient momentanément
leur unité
l’éternité retrouvée
non dans le ciel
mais dans la mer
mêlée au soleil
Graal
dans la tradition médiévale objet sacré associé
au dernier repas du Christ et dans les récits
arthuriens quête d’un absolu
difficilement accessible
le Graal peut devenir ce qui est recherché
sans jamais se laisser réduire
à un objet
le Graal
non pas au bout du chemin
mais dans la marche elle-même
comme
une présence qui se dérobe
pour mieux conduire
pour mieux conduire
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire