la reconnaissance
se défait et où la présence réapparaît
je ne vois plus vraiment une montagne
je reconnais une montagne
alors
une montagne redevient une présence
une masse
une pente
une paroi.
une lumière qui change sur la roche
une distance
une ombre
une immensité silencieuse
devant laquelle
le mot montagne devient soudain trop petit
la montagne n'a pourtant pas changé
c'est mon regard qui s'est déplacé
je ne cherche plus à reconnaître
je regarde
dans ce regard sans appropriation
quelque chose de plus ancien que le concept revient
l'étonnement
la montagne redevient ce qu'elle était avant
que je sache qu'elle était
une montagne
elle redevient événement
elle redevient monde
elle redevient cette chose qui est là
sans avoir besoin de moi
pour être nommée
la poésie
ne nous apprend pas à voir davantage
elle nous apprend parfois à
désapprendre ce que nous croyions déjà voir
le mot cesse d'être une clôture
il devient
un seuil
et derrière le seuil
la montagne

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire