loué sois-tu personne
paradoxe d’une louange
adressée à ce qui n’a plus de visage ni de nom
la personne s’efface
et pourtant quelque chose demeure
à qui la parole dit merci
en bleu adorable
une lumière devenue tendresse
un bleu qui n’est plus une couleur mais
une qualité de présence
une douceur céleste où le monde paraît
lavé de son poids
le bleu y devient l’espace de l’ouvert et adorable ne signifie pas
seulement beau mais digne d’être contemplé et aimé
comme une apparition silencieuse
la couronne rouge du mot de pourpre
comme si
le mot
chargé de sang et de lumière
recevait sa propre
royauté
la pourpre devient ici
couleur du langage souverain
un mot posé sur le monde et soudain
le monde semble couronné
par lui
l’enfant se presse
saisi d’un haut frisson
comme si
le monde
venait soudain
venait soudain
trop près et que son corps
reconnaissait avant la pensée
quelque chose d’immense et d’invisible
quelque chose d’immense et d’invisible
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