le visage est présent
la peau reçoit la chaleur
la lumière est blanche
la clarté frappe le visage
la surface chauffe
la couleur est claire
le regard est exposé
la chaleur persiste
le visage reste tourné
la lumière blanche demeure
chaleur blanche
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
le visage est présent
la peau reçoit la chaleur
la lumière est blanche
la clarté frappe le visage
la surface chauffe
la couleur est claire
le regard est exposé
la chaleur persiste
le visage reste tourné
la lumière blanche demeure
chaleur blanche
la chose est posée
elle compte
la coïncidence a lieu
elle est silencieuse
deux faits se produisent ensemble
le temps coïncide
l’espace coïncide
aucun son n’est émis
la coïncidence persiste
la chose demeure
lorsqu’aux mots la route est coupée
les activités mentales
s’arrêtent
ou plutôt elles changent de régime
ce qui pensait en phrases se retire
et autre chose
commence
à voir
sans mots le monde n’est plus commenté
il est là
immédiat
alors la pensée cesse de parler et devient
présence
un vide ouvert et paisible
le vide s’ouvre
l’espace est libre
aucun objet n’est présent
la surface est dégagée
le calme est posé
le mouvement est faible
le son est absent
l’air est immobile
le vide reste ouvert
la paix demeure
la clarté apparaît
la lumière est présente
l’espace est éclairé
les formes sont visibles
les contours se dessinent
la vision est nette
la lumière se diffuse
la clarté demeure
l’effet est perçu
la clarté est dite merveilleuse
l’oiseau est posé sur le fil
le fil est tendu
le corps est en équilibre
le bec s’ouvre
le son sort
le chant se produit
l’air transporte le son
le corps reste sur le fil
le chant continue
l’oiseau demeure posé
René Char
oblige-toi à tournoyer
non pour fuir mais pour rompre la ligne
sortir de l’axe
désapprendre la trajectoire droite
dans la rotation le centre apparaît sans être fixé
tournoyer c’est déplacer le regard
laisser le monde
changer de face
un instant de vertige
et déjà
une autre orientation
se propose
le corps pivote
le pied tourne sur le sol
l’axe se maintient
le mouvement se répète
le regard suit la rotation
l’air se déplace autour
la vitesse varie
le corps reste en rotation
le tournoyer continue
le mouvement cesse
le chemin se trace
le corps se plie
les muscles se tendent
le pied pousse le sol
le corps quitte la surface
l’air porte un instant
le mouvement est en cours
le point haut est atteint
le corps redescend
le pied retrouve le sol
le bond a lieu
Être du bond
la terre reste
le sol porte
la matière demeure
la poussière se dépose
le murmure se produit
le son est faible
l’air transporte le bruit
le murmure continue
la terre ne bouge pas
le silence revient
reste terre et murmure au milieu des astres impersonnels
les chemins de montagne
n'ont pas
été tracés
contre la pente
mais avec elle
ils suivent
la patience
de la roche
ils savent
où l'eau
hésite
où le vent
insiste
où la lumière
s'attarde
un cairn
suffit
à retenir
l'horizon
chaque lacet
diffère
l'arrivée
et rapproche
l'ouvert
la pierre
ne barre pas
le passage
elle lui donne
sa mesure
marcher
ici
ce n'est pas
aller plus vite
c'est entrer
dans le temps
des sommets
où l'air
vient avant
l'idée
où le silence
achève
le mot
et où le chemin
ne conduit pas
ailleurs
mais plus profondément
dans le monde
temps profond
la nuit tombe
les lucioles s’allument
la lumière clignote
les champs sont sombres
les insectes volent bas
les points lumineux se dispersent
les points lumineux diminuent
la lumière cesse
les lucioles disparaissent
la nuit reste noire
les gestes s’accumulent
les outils se transmettent
la main apprend
la main répète
les mots se fixent
les signes se copient
les techniques se déposent
les savoirs se conservent
les formes persistent
es usages continuent