l'amour
c'est n'avoir jamais à dire
qu'on est désolé
love means never having to say you're sorry
Ali MacGraw Jennifer Cavilleri
Ryan O'Neal Oliver Barrett IV
citation
élevée au rang de la treizième citation
la plus célèbre du cinéma
américain
Lionel André / promenades / randonnées / arts / littératures / air du temps
il est trop tard
la scène classique est devenue
trop étroite
une limite
où il est devenu
impossible de classer d'affirmer
la nature de l'homme n'est pas naturelle
elle veut modifier la Nature
c'est pourquoi
elle est parfois extrême
les scènes se superposent
elles fourmillent
tout est tellement entremêlé
il faut être d'
une irrémédiable nullité pour ne jouer qu'
un seul rôle dans la vie
pour n'occuper qu'
une seule et même place dans la société
pour signifier toujours
la même chose
la vision
est impossible
les traces s'égalisent
le visage blanchit
les nombres
mêlés roulent comme des cercles
une verticalité sans liens
tirée dans toutes les directions
glissante
décentrée
tranchante
déplacements
anti-déplacements substitutions permutations
tout s'efface devant ce fonctionnement
sans passé
sans corps
nous sommes emportés
comme si nous en avions fini avec la surface
des signes morts
tout se décompose dans
un plan oblique
l'intérieur est suspendu et perdu de vue
chaque progrès est
un retour vers un commencement indéterminé
seul le nombre crée
un trait d'union
rien n'est perdu ni interrompu
le texte est inépuisable
les machines muettes savent désormais
lire
déchiffrer
compter
écrire et se souvenir
cela
meurt et revit dans
une pensée
qui n'est en réalité à personne
depuis le commencement
peut-être
faisons-nous preuve de bravoure
quand nous allons par le monde
tel qu’il est
et que nous assumons
sans ciller
ce que c’est que de vivre
et peut-être aussi lorsque
chacun progressivement se dépouille
de ce qu’il fut et qu’ainsi
nos cœurs s’allègent
de leur poids révolu
expérimentant jour
après nuit nuit
après jour
comment ne plus
je suis
la lumière qui est sur eux tous
je suis le Tout
Le Tout est sorti de moi et le Tout est venu à moi
fendez du bois
je suis là
soulevez
la pierre vous me trouverez
là
à ses disciples
qui lui demandaient quel jour le Royaume viendrait
il répondit
ce n’est pas
en guettant qu’on le verra
arriver
on
ne dira pas
le voici il est ici
ni
voici
le moment
le royaume du Père
s’étend sur la terre
mais les hommes ne le voient pas
on pourrait interpréter ce passage comme une invitation à abandonner toute attente à vivre dans le présent à être en ce sens insouciant
le royaume n’est pas localisable
il ne réside pas dans
un ceci
dans
une chose particulière
ce n’est pas
un étant en particulier
mais l Être
la terre
seulement nous ne voyons pas ce qui est
sous nos yeux….
il ne s’agit pas de posséder
un bon argument ou
une bonne présentation en non-dualité
il ne s’agit pas de faire sens
c’est si simple et évident
qu’il est impossible pour l’intellect de comprendre
il peut y avoir
une résonance
qui est par-delà les mots
un savoir par-delà l’intellect
mais ce n’est pas de la pensée ou
une compréhension
ce n’est pas quelque chose que vous pouvez savoir
Lisa Cairns
l'Homme est devenu
identifié à la pensée en croyant posséder le corps et en croyant
être celui qui contrôle
dans ses pensées incessantes
il rêve qu'il est
une entité séparée des autres choses et qu'il est capable
d'obtenir ces autres choses
la personne le vous
relève du temps et de la pensée
mais cette personne ce vous n'est pas ce que nous sommes
Ce que vous êtes sans le vous est le fait de la Vie
le fait d'Être
cette conscience
ce fait d'Être est là depuis toujours
qu'est-ce que la libération
?
la plupart d'entre nous
pensent que c'est du plaisir et s'imaginent gagner
un paradis dans le futur.
pour Lisa Cairns c'est la perte de toutes ces idées de qui et de ce que nous pensons être c'est la fin de celui qui essaye de s'agripper à quelque chose jusqu'à ce qu'il y ait seulement
un mystère absolu
ce qui est
est
vacuité et plénitude
en même temps
ce qui est recherché ici est une absolue non-connaissance et la vie apparaît sans cet individu qui pense qu'il connaît la vie ou qu'il contrôle la vie
pour l'amour de toute chose
dimanche dépose sur le papier
une parole
spontanée et nécessaire
une succession
de larges vagues déferlent et se retirent
un regard
poétique et photographique balaie le monde
et s’en imprègne
dans son approche oscillatoire du vivant
la poésie apprivoise
capture et scrute puis relâche
le flux pour en conserver
un écho
une alchimie
d’allers-retours de l’en-soi à l’autre
ce n’est pas la photo de soi-même qui compte ici
mais l’image
qui fait mémoire pour chacun
d’entre-nous
les images
les plus précieuses qu’on emporte avec soi
quelles sont-elles
?
un travail
de montage qui replace chaque carte
dans
un ensemble
ou plutôt
une combinatoire de leurs sujets
chaque carte implique
un temps et un espace
un personnage ou un paysage
devient la pièce d’
un puzzle imaginaire
lui-même dans
un temps et un espace nouveaux
je suis
cet espace et ce temps
malgré moi et en moi constitués par la mémoire
une fois encore le collage a les faveurs de l’écrivain parce que le collage trouble chacun des éléments qu’il mobilise parce qu’il le fait sortir d’un ordre de signification et le réinvestit parce que dans le collage les choses paraissent soudainement douées d’une polysémie immanente
les cartes ouvrent au monde au bruit gigantesque de leur étrangeté autant qu’à la prodigalité sensible qui me fait son reflet
les cartes
m’ouvrent à ma propre
étendue