la propagation fulgurante de l'image du désir de la parole
quelque chose se transmet sans transition par éclats
jusqu'à embraser le paysage mental
comme une traînée de poudre
la lumière
court
sur les toits
les collines prennent feu
une odeur
de goudron
de menthe
de pluie chaude
mon sang s'allume aux carrefours
les mots
partent
sans adresse
la ville crève de soleil
et moi
je marche
dans cette explosion
de bleu
de poussière
de vent
jusqu'au bout
où le jour
met le feu
à son propre
horizon
***
la médecine et la philosophie
la médecine
soigne le corps dans sa vulnérabilité concrète Elle observe mesure diagnostique intervient Elle cherche à comprendre les mécanismes de la maladie pour restaurer un équilibre perdu Elle est l’art du geste précis face à ce qui souffre
la philosophie
elle interroge le sens de cette vulnérabilité Elle ne demande pas seulement comment guérir mais aussi qu’est-ce que vivre qu’est-ce que souffrir qu’est-ce qu’un corps qu’est-ce qu’une vie bonne Elle élargit la question jusqu’à ses présupposés
entre médecine et philosophie se tient une tension entre le soin et le sens entre l’intervention et la méditation entre le symptôme et l’existence
la médecine cherche à réparer ce qui peut l’être
la philosophie demande ce que signifie être
un être qui peut être blessé guéri vieillissant et mortel
mais elles se rejoignent dans une même attention prendre soin de ce qui est fragile La médecine soigne l’existence dans son épaisseur biologique la philosophie tente de l'habiter dans son épaisseur existentielle
la médecine demande
comment préserver la vie
la philosophie demande
que faire de cette vie
entre les deux
il y a peut-être la sagesse
savoir prolonger l’existence sans oublier
qu’une existence ne se mesure pas seulement à sa durée
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