sol invictus le soleil invaincu
est d'abord une divinité du monde romain tardif dont le culte fut particulièrement développé sous l'empereur Aurélien au IIIᵉ siècle
le Dies Natalis Solis Invicti naissance du Soleil invaincu était célébré le 25 décembre au moment où les jours recommencent à croître après le solstice d'hiver
mais chez Friedrich Nietzsche
Sol Invictus prend une portée plus intérieure
dans Ecce Homo
il écrit
je vis encore, je pense encore : il me faut vivre encore, car il me faut penser. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. Aujourd'hui chacun se permet d'exprimer son vœu le plus cher : je vais donc dire, moi aussi, ce que je voudrais aujourd'hui de moi-même, quelle pensée m'est venue cette année pour la première fois — quelle pensée sera peut-être pour moi raison, garantie et douceur de toute ma vie future !
Je veux apprendre toujours davantage à voir dans la nécessité des choses le beau : — ainsi je serai de ceux qui rendent les choses belles. Amor fati : que ce soit désormais mon amour ! ...
Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Que détourner le regard soit mon unique négation ! Et, somme toute et en grand : je veux être un jour quelqu'un qui ne dit que Oui !
le Soleil invaincu devient alors le symbole de celui qui continue à rayonner malgré l'hiver malgré l'épreuve sans attendre un salut extérieur il ne triomphe pas du monde il affirme le monde
sol invictus
le soleil ne vainc pas la nuit
il revient sans haine
chaque hiver l'éprouve
aucun
ne le défait
sa victoire est de paraître
encore
la lumière n'a pas besoin
de vaincre
elle suffit à se lever
être
invaincu
ce n'est pas
ne jamais tomber
c'est revenir sans amertume avec le jour
et dire une fois encore
oui
à la terre
***
un discours qui ne serait pas du semblant
ne prétendrait pas
posséder
le vrai
il parlerait
jusqu'au bord
où les mots
renoncent
à régner
la parole
ne cacherait plus
son vide
elle l'offrirait
comme sa source
chaque phrase laisserait paraître ce qui lui échappe
alors
le silence
ne viendrait plus
après le langage
il parlerait
à travers lui
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