tout est d'une clarté étonnante
d'une acuité
absolue
l'air
a retiré
jusqu'au dernier voile
la pierre
est plus pierre
le ciel
plus ciel
chaque contour
tient
dans une précision
sans appel
le regard
n'ajoute rien
il reçoit
le monde
comme une lame
de lumière
tout est là sans hésitation
et cette netteté
ne ferme rien
elle ouvre
plus loin
encore
l'inépuisable
beaucoup de pourquoi au malheur
pas de pourquoi
au bonheur
la douleur
cherche
une cause
la joie
une présence
le malheur
interroge
sans fin
le bonheur
ne demande
rien
il est comme la lumière
elle n'explique pas
elle éclaire
nous voulons
comprendre
ce qui blesse
nous oublions
d'habiter
ce qui comble
le bonheur n'est peut-être pas une réponse
mais la fin
des questions
lorsque le monde
suffit
sera heureux
celui ou celle
pour qui tout
est infiniment important
et, dans le même temps
sans aucune importance
le bonheur commence peut-être
lorsque chaque chose
reçoit une attention absolue
sans qu'aucune
exige d'être possédée
le paradoxe est fécond tout est important parce que chaque instant mérite une présence entière rien n'est absolument important parce que rien ne doit devenir un objet d'attachement.
c'est la rencontre de l'intensité et du détachement une intuition que l'on retrouve aussi bien chez les stoïciens que dans le taoïsme et certaines traditions contemplatives
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