une entaille dans la montagne
où le vent
passe le premier
la terre cesse un instant de faire obstacle
presque rien
un peu d’air retenu par deux pierres
***
je vais droit au jour turbulent
je vais droit au jour turbulent
l’air déjà
plus fort que moi
rien devant moi
que le vent ouvrant la lumière
là où le ciel
commence à résister
le jour turbulent
non pour le traverser mais pour être traversé
la montagne
n’est plus un lieu mais une rafale
de lumière
***
Gébroulaz
incroyable glacier
du temps
devenu lumière froide
si lent
qu’il semble immobile
et pourtant
il descend
Gébroulaz
une rivière avant l’eau
la montagne
garde encore
la mémoire du froid
métaphysique
une durée blanche
le temps
n’y passe pas
il affleure
la glace
pense plus lentement
que la pierre
mais plus loin
par la voie rêche
le monde
cesse d’être facile
par la voie rêche
la pierre
enseigne le pas
la main
retrouve
la rugosité du ciel
le souffle
s’écorche à la lumière
c’est ainsi que le jour commence
par la voie rêche
l’air
a le grain
de la pierre
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