samedi, août 15, 2026

sol invictus  le soleil invaincu 

est d'abord une divinité du monde romain tardif dont le culte fut particulièrement développé sous l'empereur Aurélien au IIIᵉ siècle

le Dies Natalis Solis Invicti naissance du Soleil invaincu  était célébré le 25 décembre au moment où les jours recommencent à croître après le solstice d'hiver

mais chez Friedrich Nietzsche
Sol Invictus prend une portée plus intérieure


dans Ecce Homo
il écrit 














je vis encore, je pense encore : il me faut vivre encore, car il me faut penser. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. Aujourd'hui chacun se permet d'exprimer son vœu le plus cher : je vais donc dire, moi aussi, ce que je voudrais aujourd'hui de moi-même, quelle pensée m'est venue cette année pour la première fois — quelle pensée sera peut-être pour moi raison, garantie et douceur de toute ma vie future ! 

Je veux apprendre toujours davantage à voir dans la nécessité des choses le beau : — ainsi je serai de ceux qui rendent les choses belles. Amor fati : que ce soit désormais mon amour ! ... 

Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Que détourner le regard soit mon unique négation ! Et, somme toute et en grand : je veux être un jour quelqu'un qui ne dit que Oui ! 




le Soleil invaincu devient alors le symbole de celui qui continue à rayonner malgré l'hiver malgré l'épreuve sans attendre un salut extérieur il ne triomphe pas du monde  il affirme le monde



sol invictus

le soleil ne vainc pas la nuit
il revient sans haine

chaque hiver l'éprouve

aucun
ne le défait

sa victoire est de paraître
encore



la lumière n'a pas besoin
de vaincre

elle suffit à se lever


être
invaincu
ce n'est pas
ne jamais tomber


c'est revenir sans amertume avec le jour
et dire une fois encore

oui
à la terre




***

un discours qui ne serait pas du semblant


ne prétendrait pas

posséder

le vrai

il parlerait

jusqu'au bord

où les mots

renoncent

à régner



la parole

ne cacherait plus

son vide

elle l'offrirait

comme sa source


chaque phrase laisserait paraître ce qui lui échappe


alors

le silence

ne viendrait plus

après le langage

il parlerait

à travers lui























l’infime et le suprême 

l’infime est ce qui échappe au regard pressé  

un grain de poussière
une goutte d’eau
une inflexion de voix
un silence entre deux mots

il est le presque rien où le réel concentre 
son secret

l’infime ne réclame pas l’attention 
il la mérite



le suprême lui est ce qui dépasse toute mesure

il est 
l’accomplissement
l’absolu
l’intensité la plus haute




















le suprême n’est pas seulement le plus grand 
il est ce devant quoi toute comparaison 
devient vaine

il ouvre l’horizon de 
l’inconditionné





entre l’infime et le suprême se déploie 
une correspondance mystérieuse : 

l’infime est souvent la porte du suprême
Plus le regard s'affine plus l'immense s'y révèle

l'absolu ne se manifeste
 pas toujours dans l'extraordinaire 

il se laisse parfois entrevoir 
dans la plus humble des présences




ainsi

le suprême ne s'oppose pas à 
l'infime

il s'y recueille

une goutte peut contenir 
l'océan

un souffle l'infini
une seule fleur le printemps tout entier




l'être atteint sa plus haute intensité lorsqu'il découvre 
que le plus petit est déjà l'image 
du plus grand



























je reconnais à leur toile les tarentules

dans l'esprit de Nietzsche 
les tarentules

ne mordent pas le corps
elles inoculent
une manière
de juger

leur toile est faite
de principes où le ressentiment
s'appelle 
justice

elles craignent
moins la force que la joie

car la joie
est le seul venin auquel leur poison
ne résiste pas




























tout est d'une clarté étonnante

d'une acuité

absolue


l'air

a retiré

jusqu'au dernier voile


la pierre

est plus pierre

le ciel

plus ciel














chaque contour

tient

dans une précision

sans appel


le regard

n'ajoute rien

il reçoit

le monde

comme une lame

de lumière


tout est là sans hésitation

et cette netteté

ne ferme rien

elle ouvre

plus loin

encore

l'inépuisable




beaucoup de pourquoi au malheur

pas de pourquoi

au bonheur


la douleur

cherche

une cause

la joie

une présence


le malheur

interroge

sans fin

le bonheur

ne demande

rien


il est comme la lumière

elle n'explique pas

elle éclaire


nous voulons

comprendre

ce qui blesse

nous oublions

d'habiter

ce qui comble


le bonheur n'est peut-être pas une réponse

mais la fin

des questions

lorsque le monde

suffit








sera heureux celui ou celle pour qui tout est très important et
en même temps sans aucune importance



sera heureux
celui ou celle
pour qui tout
est infiniment important
et, dans le même temps
sans aucune importance


 


le bonheur commence peut-être
lorsque chaque chose
reçoit une attention absolue
sans qu'aucune
exige d'être possédée



 

le paradoxe est fécond  tout est important parce que chaque instant mérite une présence entière  rien n'est absolument important parce que rien ne doit devenir un objet d'attachement. 

c'est la rencontre de l'intensité et du détachement une intuition que l'on retrouve aussi bien chez les stoïciens que dans le taoïsme et certaines traditions contemplatives




 

La montagne interdite

Il y a des interdictions qui protègent. Et il y a des interdictions qui révèlent une civilisation. Lorsqu'il devient suspect de dormir une nuit sous les étoiles ou de se plonger dans l'eau glacée d'un lac d'altitude, ce n'est plus seulement une réglementation qui se met en place : c'est 

une métaphysique du contrôle qui s'installe silencieusement.

L'époque prétend protéger la nature. Mais de quelle nature parle-t-elle ? D'une nature vivante, offerte à l'expérience intérieure, ou d'une nature muséifiée, transformée en objet administratif ? 

Le paysage cesse alors d'être une présence pour devenir un patrimoine sous surveillance. La montagne n'est plus une rencontre ; elle devient un territoire réglementé où chaque geste doit être autorisé.

L'interdiction ne retire pas seulement une liberté extérieure. Elle rompt un lien ontologique. Car se baigner dans un lac de montagne n'est pas une simple activité de loisir. C'est laisser son corps retrouver l'élément dont il provient. C'est éprouver dans l'eau glacée une vérité que nul discours ne remplace : le monde existe indépendamment de nous, et pourtant il nous accueille. 























Dormir en bivouac n'est pas davantage un divertissement. C'est consentir à redevenir, pour une nuit, un habitant de la Terre plutôt qu'un consommateur d'infrastructures. Entre la roche, le vent et le ciel, l'homme retrouve une condition plus ancienne que toutes les civilisations : celle d'un être exposé au réel.

Ce que redoute une société saturée de médiations, ce n'est peut-être pas le bivouac lui-même, mais l'homme que le bivouac fait naître. Un homme qui découvre qu'il peut vivre quelques heures sans réseau, sans commerce, sans surveillance permanente, sans autre toit que la voûte céleste. Cette autonomie est philosophiquement dérangeante. Elle rappelle qu'il existe une liberté antérieure aux institutions : la liberté d'habiter le monde.

L'inflation des interdictions est souvent présentée comme un progrès moral. Pourtant, une civilisation qui multiplie les défenses risque de produire des individus qui ne savent plus discerner par eux-mêmes. À mesure que la règle remplace le jugement, la responsabilité s'atrophie. On ne demande plus à chacun d'être digne d'un lieu ; on lui interdit simplement d'y être. L'éthique est remplacée par le règlement.

Il serait naïf d'ignorer que certains sites fragiles doivent être préservés ou que certains comportements irresponsables causent des dégradations réelles. Une communauté politique a légitimement le devoir de protéger des milieux sensibles. Mais lorsque la réponse privilégiée devient systématiquement l'interdiction générale plutôt que l'éducation, la proportionnalité ou la responsabilité individuelle, quelque chose change dans la manière même de concevoir l'homme. Celui-ci n'est plus regardé comme un être capable de mesure, mais comme un risque à neutraliser.

Cette logique appartient à une ontologie implicite : le vivant n'est plus une relation, mais une variable de gestion. La forêt devient un espace réglementaire, le lac un périmètre, le sentier une circulation à canaliser. Tout ce qui échappe à la quantification apparaît comme une anomalie. La montagne, autrefois lieu de l'imprévisible, est peu à peu absorbée dans l'immense cartographie administrative où chaque liberté doit recevoir son mode d'emploi.

Or la montagne n'a jamais été un parc d'attractions. Elle est l'un des derniers lieux où l'homme rencontre une réalité qui ne lui obéit pas. Le froid, l'altitude, le silence, la fatigue, la nuit étoilée enseignent une humilité que nulle réglementation ne peut produire. C'est précisément parce qu'elle résiste qu'elle élève. Vouloir supprimer toute part de risque, c'est peut-être supprimer aussi toute possibilité d'initiation.

D'un point de vue métaphysique, la montagne rappelle que le monde n'est pas fait uniquement pour être administré. Il est d'abord une apparition, une présence qui excède toutes nos catégories. Le lac n'est pas seulement une masse d'eau ; il est une profondeur où le ciel vient se réfléchir. Le bivouac n'est pas une occupation du sol ; il est une manière d'habiter le cosmos. Dans le sommeil sous les étoiles, l'homme cesse un instant d'être enfermé dans l'architecture de ses propres constructions. Il retrouve la disproportion fondatrice entre sa fragilité et l'immensité.

Une civilisation se révèle moins par les libertés qu'elle proclame que par les expériences qu'elle rend progressivement impossibles. Lorsque l'accès immédiat au monde devient exceptionnel, lorsqu'il faut des autorisations pour éprouver la simplicité des éléments, il est permis de s'interroger sur le sens profond de cette évolution. Ce n'est pas seulement une question juridique ; c'est une question spirituelle.

Le danger ultime n'est peut-être pas que l'on interdise quelques baignades ou quelques bivouacs. Le danger est que nous finissions par considérer comme normal qu'une existence libre doive constamment demander la permission d'exister.

Alors la montagne demeurera debout. Les lacs continueront de refléter les constellations. Mais quelque chose se sera éloigné de l'homme : la certitude immémoriale que la Terre n'était pas seulement un territoire à gérer, mais une demeure où l'âme pouvait encore respirer.




























le bonheur est un acte de courage

il faut

davantage

de force

pour dire oui

que pour se plaindre

davantage

de lumière

pour accueillir

le jour

que pour compter

ses ombres











le bonheur ne nie rien

ni la perte

ni le froid

ni la mort

il consent

à la totalité

du monde

sans retirer

sa main



être heureux

c'est demeurer

fidèle

à la vie

lors même

qu'elle ne promet

rien

et cette fidélité

est peut-être

la plus haute

forme

du courage



dans un monde qui valorise la plainte et la victimisation, 
oser être heureux relève d’une forme 
de résistance



le plus beau

des courages

est celui

d'être heureux

non malgré

le monde

mais avec lui


ne pas attendre

que tout soit

accompli

pour consentir

à la lumière


accueillir

la pluie

comme le soleil

la pierre

comme la fleur

le silence

comme le chant


être heureux

ce n'est pas

ignorer

la blessure

c'est refuser

qu'elle soit

la seule vérité


il faut

un grand courage

pour dire oui

au jour

sans garantie

pour demeurer

ouvert

quand tout

invite

à se refermer



la discrétion est la première des vertus

elle ne cherche

ni la preuve

ni l'éclat

elle laisse

les choses

venir

à leur heure


on lui doit bien des instants de bonheur


car le bonheur

aime

ce qui ne se montre pas


une lumière

sur une pierre

un vent

dans les herbes

une parole

retenue


la discrétion

n'efface pas

la présence

elle la rend

plus profonde


ce qui demeure sans bruit est souvent ce qui dure

le plus longtemps



le bonheur est une décision

non celle

d'ignorer

la douleur

mais celle

de ne pas

lui remettre

le gouvernement

de sa vie


il faut

du courage

pour accueillir

le jour

sans attendre

qu'il soit parfait


la plainte est facile elle rassemble elle se répète


le bonheur

demande

une fidélité

plus exigeante

il ne suit pas

la foule

il choisit

la lumière

même fragile


être heureux

ce n'est pas

se croire

au-dessus des autres

c'est refuser

que le ressentiment

devienne

sa demeure
















 
Nietzsche écrit 


Au-delà du Nord, de la glace, de la mort — notre vie, notre bonheur... Nous avons découvert le bonheur, nous connaissons le chemin, nous avons trouvé l'issue de milliers d'années de labyrinthe. 


ce texte concentre 
plusieurs thèmes majeurs de sa pensée

le Nord la glace et la mort 

ne désignent pas seulement des réalités géographiques ils figurent une longue traversée de l'ascèse de la négation de la vie des valeurs qui condamnent les instincts traverser la glace c'est quitter un monde où l'existence est jugée selon un arrière-monde






















Le labyrinthe

est celui de l'histoire spirituelle de l'Occident  les métaphysiques les morales de renoncement les illusions qui détournent l'homme de la terre Trouver l'issue ne signifie pas découvrir une vérité définitive mais retrouver une manière d'habiter le monde sans le déprécier


le bonheur 

dont parle Nietzsche n'est ni le confort ni le repos il est la joie d'une existence qui s'affirme elle-même qui dit oui au devenir au risque à la nécessité c'est un bonheur d'altitude conquis après une longue épreuve









dans une veine plus lapidaire

au-delà
de la glace
non un autre monde
mais celui-ci
enfin
accepté

le labyrinthe
n'avait pas
de sortie
il fallait
cesser
de chercher
les murs

alors
le chemin
était là
sous les pas
depuis toujours





























Il ne faut pas craindre non plus de redire 
une vérité ancienne

lorsqu’on peut la rendre plus sensible par un meilleur tour, ou la joindre à une autre vérité qui l’éclaircisse, et former un corps de raisons. C’est le propre des inventeurs de saisir le rapport des choses, et de savoir les rassembler ; et les découvertes anciennes sont moins à leurs premiers auteurs qu’à ceux qui les rendent utiles.




ce texte  de Vauvenargues est à mes yeux l'une des plus belles défenses de la création intellectuelle Il remet en question une idée très répandue  celle selon laquelle la valeur d'une pensée dépendrait avant tout de sa nouveauté























il écrit 

il ne faut pas craindre 
non plus de redire une vérité ancienne… 

cette première phrase est déjà 
une leçon

une vérité ne vieillit pas
ce qui vieillit c'est la manière de la dire

une même vérité peut demeurer longtemps inaperçue parce qu'elle est enfermée dans une forme devenue opaque le travail du philosophe du poète ou du savant consiste alors moins à inventer qu'à rendre visible



Vauvenargues poursuit 

lorsqu'on peut la rendre 
plus sensible par un meilleur tour… 


la forme n'est donc pas un ornement
elle participe à la vérité elle-même

une idée qui ne touche personne 
demeure inachevée

une pensée n'existe pleinement 
que lorsqu'elle trouve sa forme juste

c'est pourquoi la littérature la philosophie et même la science 
sont inséparables d'un art de l'exposition




puis vient 
une idée d'une étonnante modernité 

ou la joindre à une autre vérité 
qui l'éclaircisse… 


une vérité
isolée éclaire peu

les grandes découvertes
naissent souvent d'une rencontre

l'invention ne consiste pas toujours à produire 
un élément inédit

elle consiste à apercevoir une relation 
que personne n'avait encore vue



on retrouve ici une intuition très proche de ce que dira plus tard 
Arthur Koestler avec la  bisociation  

l'acte créateur surgit lorsque deux domaines jusque-là séparés 
entrent soudain en résonance



Vauvenargues ajoute 

et former un corps de raisons

cette expression est magnifique
la vérité n'est plus un fragment

elle devient un organisme.
les idées cessent d'être juxtaposées

elles se soutiennent mutuellement
un  corps de raisons  est une architecture vivante



enfin la conclusion 
est peut-être la plus profonde 

c'est le propre des inventeurs de saisir 
le rapport des choses… 

l'inventeur n'est pas d'abord celui qui crée ex nihilo
il est celui qui voit des rapports

cette définition est d'une portée
immense

elle vaut pour Newton reliant la chute des corps 
au mouvement des planètes

pour Darwin reliant l'évolution à la sélection 
naturelle

pour Einstein reliant l'espace 
et le temps

pour le poète reliant une branche mouillée 
à des visages dans la foule

l'invention est une découverte 
des relations



et Vauvenargues conclut par une formule qui pourrait 
presque servir de manifeste contre le culte 
contemporain de l'originalité 

les découvertes anciennes sont moins à leurs premiers auteurs 
qu'à ceux qui les rendent utiles


il ne s'agit pas de nier l'importance des premiers 
découvreurs

il rappelle simplement qu'une vérité qui demeure stérile 
n'a pas encore accompli sa vocation

la pensée 
ne vit pas dans son origine
elle vit dans ses métamorphoses


la valeur d'une idée ne réside pas uniquement 
dans son premier énoncé

mais dans sa capacité à être reprise éclairée reliée 
à d'autres vérités et rendue 
plus féconde





on pourrait résumer toute cette méditation 
en quelques fragments 


une vérité ne demande pas d'être nouvelle 
elle demande d'être vivante

penser ce n'est pas accumuler des idées 
c'est découvrir leurs constellations

l'invention commence lorsque deux vérités 
cessent de s'ignorer


le génie ne crée pas toujours 
des mondes 

il révèle  les ponts qui existaient 
déjà entre eux

les idées ne meurent pas de vieillesse 
elles meurent d'isolement




et peut-être 
cette dernière formule
fidèle à l'esprit de Vauvenargues

le véritable inventeur n'ajoute pas seulement 
une vérité au monde 

il modifie la lumière dans laquelle toutes les autres 
deviennent enfin visibles





























ce premier fragment d'Enfance Illuminations est 
un admirable exemple  de ce que Starobinski 
aurait appelé 

des  mots sous les mots  

Rimbaud ne décrit pas une scène  
il construit un réseau d'échos où chaque mot rayonne au-delà 
de sa signification immédiate






au bois il y a un oiseau 
son chant vous arrête et vous fait rougir





















le poème commence par  au bois  

ce n'est pas simplement une localisation le bois est dans toute la tradition occidentale le lieu de l'égarement de l'initiation de la rencontre mais chez Rimbaud il est surtout un espace où le langage change de régime

entrer dans le bois 
c'est quitter le monde utilitaire



puis surgit l'oiseau

l'oiseau n'est pas décrit 
il n'a ni couleur ni espèce 
il est presque une pure voix
une présence qui agit sans se laisser enfermer dans une identité
le mot oiseau appelle silencieusement d'autres mots 

voix
souffle
envol
inspiration
esprit

en grec pneuma signifie à la fois le souffle et l'esprit dans de nombreuses traditions mystiques l'oiseau est précisément la figure du souffle spirituel chez Rimbaud cette résonance n'est jamais démontrée  elle est laissée à l'état de vibration


puis vient son chant vous arrête 

le chant ne séduit pas
il arrête

le verbe est étonnant
il suspend le mouvement

dans la tradition mystique la révélation commence souvent par un arrêt Avant de voir autrement il faut cesser d'aller quelque part Simone Weil écrivait que l'attention est la forme la plus rare de la générosité Ici le chant impose cette attention

sous arrête on entend presque 

arrêt
retraite
arrêt du temps

le monde cesse d'être une succession d'actions


puis survient le plus mystérieux   et vous fait rougir 

pourquoi rougir 

le rougissement est une réaction involontaire
on rougit devant 

la beauté
la vérité
l'amour
la honte
une présence qui nous atteint

le poème refuse de préciser

cette indétermination est essentielle

dans une lecture gnostique le rougissement pourrait être compris comme le moment où l'être reconnaît obscurément quelque chose qu'il avait oublié non pas une culpabilité morale mais l'émotion d'une mémoire plus ancienne que la conscience

il est remarquable que Rimbaud ne dise pas 
vous comprenez
ni
vous admirez
mais
vous rougissez

le corps comprend avant l'intelligence
c'est une connaissance incarnée

si l'on rapproche ce fragment de Saussure on pourrait dire que le mot caché autour duquel gravitent tous les autres n'est peut-être ni oiseau ni chant mais quelque chose comme 

la révélation

le bois est son seuil
l'oiseau en est la voix
le chant en est l'appel
l'arrêt en est la condition
le rougissement en est le signe visible


ainsi

en une seule phrase Rimbaud construit moins une image 
qu'un événement intérieur 

le moment où quelque chose d'invisible passant par un chant fait vaciller l'identité ordinaire c'est cette capacité à faire agir les mots bien au-delà de ce qu'ils énoncent explicitement qui rapproche parfois sa poésie de ce que Starobinski appelait 

les mots sous les mots 





au bois il y a un oiseau
il chante avant les mots 
le chant n'interrompt pas le silence 
il le rend audible 
l'oiseau ne parle pas de la forêt 
il est la forêt devenue voix

 

rougir 
c'est reconnaître 
sans savoir encore ce que l'on reconnaît

 

il existe des chants
qui ne demandent pas d'être compris
mais d'être entendus

 

le premier poème
est peut-être le cri d'un oiseau
auquel un homme s'est arrêté

 

l'oiseau de Rimbaud n'est pas un symbole à déchiffrer Il est une présence qui suspend le monde utilitaire Son chant ouvre une brèche dans la perception ordinaire et rappelle que la poésie commence souvent là où quelque chose d'une simplicité absolue nous arrête en chemin






















 par l’inespéré même sous les yeux 

ce qui était là
sans avoir encore
paru


par l’inespéré même
sous les yeux

la lumière
arrive après

















le monde
plus ancien
que le regard

par l’inespéré même sous les yeux

l’évidence
n’avait pas encore
de visage

















dimanche, août 09, 2026

ici 

déjà

partout 

le froid

avant nous

dans l’airnt nous,



le froid

est la première forme

du dehors
























cette pensée rejoint 
une très ancienne discipline de l'esprit  



préférer l'obscurité honnête à la fausse lumière elle évoque autant la suspension du jugement chez les sceptiques que la docte ignorance de Nicolas de Cues ou encore la patience de la science lorsqu'elle rencontre un phénomène qui résiste à ses modèles. 

elle affirme que l'intelligence commence moins par la réponse 
que par la capacité de demeurer 
devant une question




il vaut mieux s'aveugler sur quelque chose  qui reste 
provisoirement  incompréhensible que 
de prétendre y voir quoi que ce soit 
quand il fait noir















il existe deux espèces d'ignorance

la première sait qu'elle ignore

la seconde s'ignore elle-même

la première demeure ouverte

la seconde se ferme dans ses certitudes

le véritable danger n'est pas l'obscurité


le danger est de croire que l'on distingue des formes 

lorsque la nuit est encore entière



l'esprit humain redoute le vide il préfère souvent une explication médiocre à l'absence d'explication il invente des causes construit des systèmes projette des intentions sur le réel il éclaire la nuit avec les lampes de son imagination et prend leurs reflets pour des étoiles

pourtant la pensée véritable commence peut-être 
au moment où elle consent 
à ne plus voir

ce consentement n'est pas une défaite

il est une ascèse


il faut parfois accepter de marcher longtemps sans carte non parce que le chemin n'existe pas mais parce qu'il n'est pas encore visible celui qui dessine une route avant d'avoir exploré le paysage risque de tourner en rond dans son propre dessin

la métaphysique rencontre ici la science

les grandes découvertes ne sont presque jamais nées d'une certitude elles sont nées d'une anomalie d'un écart d'un phénomène qui résistait obstinément aux théories établies les meilleurs chercheurs savent protéger cette résistance ils ne la recouvrent pas aussitôt d'une explication commode ils la laissent travailler leur pensée

le mystique agit de même

il ne remplit pas le silence avec des images de Dieu

il habite le silence


il sait que le mystère ne demande pas d'être dissipé 
mais approché avec une disponibilité 
qui renonce à posséder

le poète connaît également cette fidélité

il ne force pas le sens

il attend que les mots deviennent transparents 
à ce qu'ils ne savent pas 
encore dire

le plus souvent ce n'est pas le poème 
qui cherche la vérité

c'est la vérité qui lentement consent 
à traverser le poème

il existe une forme de courage plus rare 
que celui de l'affirmation

le courage de suspendre son jugement

le courage de dire 

je ne sais pas encore


cette phrase protège davantage la vérité 
que mille doctrines

car l'inconnu n'est pas un vide à remplir

il est une profondeur à respecter


et peut-être que la lumière véritable ne naît jamais 
de notre volonté de voir


elle apparaît lorsque nos yeux cessent d'imposer 
leurs propres images 
à la nuit


alors l'obscurité ne devient plus l'ennemie 
de la connaissance

elle en devient la condition

la nuit n'est pas ce qui empêche de voir

elle est parfois ce qui apprend à attendre l'aube

car toute vérité authentique possède ce privilège singulier 

elle n'a jamais besoin d'être précipitée


elle vient lorsque notre regard est devenu 
assez humble pour 
la recevoir


























érigée au carrefour du sable et de l'éternité la Grande Pyramide de Khéops ne se dresse pas seulement comme une montagne sculptée par la main des hommes mais comme une équation pétrifiée un traité d'harmonie absolu où le nombre devient la chair même de la pierre

on y devine le murmure silencieux d'une géométrie sacrée où le rapport des longueurs le nombre d'or et la constante pi ne sont plus de simples abstractions théoriques mais la respiration intime du vide et du plein

























considérer ce monument comme le résumé d'une œuvre mathématique majeure c'est percevoir la tentative ultime de l'esprit humain pour raccorder le cosmos à la matière pour inscrire l'intemporel dans le grain du calcaire

dans la pente de ses faces dans la symétrie de ses chambres et l'orientation de ses arêtes vers les points cardinaux la pyramide formule une réponse à la question de l'ordre universel

elle incarne le symbole de la quadrature du cercle  

le cercle, image du divin du ciel et de l'infini sans commencement ni fin venant s'épouser dans le carré de sa base terrestre ancrage de la forme et du monde phénoménal

elle est ce pont où l'invisible se fait structure



penser la pyramide sous cette lumière métaphysique c'est saisir que les bâtisseurs ne cherchaient pas tant à dompter l'espace qu'à cristalliser une vérité cosmique

chaque bloc ajusté chaque coudée mesurée s'apparente au verset d'un poème axiomatique

l'architecture devient alors une musique pétrifiée une symphonie de proportions d'où surgit une impulsion vers le transcendant

en gravissant du regard cette structure la pensée s'élève de la multiplicité de la base vers un apex unique et virtuel métaphore de l'Unité première d'où toute réalité émane et où toute harmonie retourne


ainsi la pyramide transcende l'édifice pour devenir un miroir géométrique de l'intelligence du monde

elle rappelle que l'univers n'est pas un chaos accidentel mais un canevas tissé de constantes précises et de proportions fondamentales

elle demeure une bibliothèque muette une œuvre dont le langage n'est pas fait de mots périssables mais d'angles et de lumière se révélant à chaque aube sur le plateau de Gizeh




une équation pétrifiée
un traité d'harmonie absolu 
un miroir géométrique de l'intelligence du monde
un poème axiomatique
une musique 
une symphonie de proportions 
une impulsion vers le transcendant
un apex unique et virtuel 
un canevas tissé de constantes précises 
une bibliothèque muette 



raccorder 
le cosmos à la matière

cristalliser 
une vérité cosmique


























cette phrase est l'une des plus célèbres des  Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont Elle surprend parce qu'elle apparaît au cœur d'une œuvre réputée pour son déchaînement verbal

Au milieu de la violence surgit une invocation aux mathématiques comme si l'ordre le plus rigoureux constituait le véritable contrepoint du chaos


pour Bella

Ô mathématiques sévères 
je ne vous ai pas oubliées depuis que vos savantes leçons 
plus douces que le miel filtrèrent dans mon cœur 
comme une onde 
rafraîchissante




cette invocation est l'un des plus grands 

paradoxes de la littérature








pourquoi celui qui célèbre les gouffres, les métamorphoses 

et les violences de l'imagination s'adresse-t-il soudain 

aux mathématiques avec 

une telle ferveur 




parce que les mathématiques ne sont pas ici 

la science des nombres


elles sont la nostalgie 

de l'ordre



dans un univers où tout menace de se dissoudre

elles représentent ce qui ne cède pas


les passions changent

les empires s'écroulent

les langues meurent

mais un théorème demeure identique à lui-même 

à travers les siècles

les mathématiques appartiennent à cette région de l'esprit 

où le temps ne possède plus d'emprise

le qualificatif de  sévères  n'est pas une critique

il est un hommage


la sévérité des mathématiques est celle 

de la vérité

elles ne flattent personne

elles ignorent nos préférences nos opinions

nos croyances

elles exigent seulement la justesse

et pourtant cette sévérité devient selon Lautréamont

plus douce que le miel 


voilà le véritable renversement

la douceur n'est pas l'opposé de la rigueur

elle en est peut-être l'accomplissement


car il existe une joie particulière à découvrir 

une nécessité

lorsque l'intelligence rencontre une vérité 

qui ne dépend pas d'elle

elle éprouve un repos 

singulier


les mathématiques délivrent l'esprit 

de l'arbitraire

elles montrent qu'il existe un ordre que nous 

ne fabriquons pas


nous le découvrons

métaphysiquement cette phrase touche à une question

immense

les objets mathématiques existent-ils indépendamment 

de nous 


lorsque le géomètre démontre une propriété

invente-t-il 

cette relation ou la révèle-t-il 


depuis Platon

une intuition demeure 

les formes mathématiques appartiennent à un domaine 

qui ne naît ni ne meurt


elles sont les architectures invisibles 

du réel


le cercle parfait n'existe nulle part dans la nature

mais toute la nature semble chercher 

son approximation


les mathématiques deviennent alors 

une ascèse

elles apprennent à penser 

sans illusion

à distinguer le nécessaire du contingent


à reconnaître que le monde possède une intelligibilité 

plus profonde que les apparences


le poète comprend cela mieux que personne

la poésie véritable poursuit le même idéal

elle cherche elle aussi la forme exacte


un grand poème possède la précision 

d'une démonstration

chaque mot y est irrévocable

chaque silence y devient une proportion

chaque image répond à une nécessité intérieure


ainsi les mathématiques et la poésie ne sont pas 

deux disciplines opposées

elles sont les deux versants d'une même 

montagne


les premières cherchent l'harmonie 

des nombres

la seconde cherche l'harmonie 

des êtres

toutes deux refusent l'à-peu-près

toutes deux poursuivent une beauté qui ne dépend pas du goût

mais de la justesse

Et peut-être est-ce là le secret de cette phrase


Lautréamont ne célèbre pas seulement 

les mathématiques


il remercie une discipline capable de rappeler à l'esprit humain 

qu'au milieu du tumulte du monde subsiste 

une région où rien n'est laissé 

au hasard


une région 

où la vérité possède la simplicité 

d'une source

où la rigueur devient 

fraîcheur.

où la nécessité devient 

lumière


la pensée enfin découvre que la plus haute poésie 

est peut-être celle qui épouse l'ordre invisible 

dont l'univers est silencieusement 

tissé















cette formule possède une force archaïque en parlant de  deux chiennes latentes  elle animalise deux passions fondamentales

la jalousie et la peur ne sont plus des sentiments psychologiques  elles deviennent des bêtes couchées dans l'ombre silencieuses apparemment endormie mais toujours prêtes à se lever au moindre bruit

elles ne disparaissent jamais complètement 
elles attendent





La jalousie et la peur  les deux chiennes latentes























elles ne dorment jamais 
tout à fait

elles respirent sous le seuil de la conscience comme deux bêtes 
attachées à la nuit intérieure

le plus souvent elles demeurent 
immobiles

on les croit absentes 

puis un regard une parole un silence
une absence suffisent

elles relèvent la tête



la peur 

protège le territoire de l'existence

la jalousie 

protège le territoire du désir


toutes deux gardent quelque chose qui

en réalité ne nous appartient pas



la peur imagine l

a perte avant qu'elle n'arrive


la jalousie imagine 

la dépossession avant même qu'elle soit réelle



ainsi 

elles vivent moins dans le monde que dans 

les fictions de l'esprit



philosophiquement 

elles procèdent d'une même illusion  

celle de croire que l'être 

peut être garanti


nous voudrions conserver ce qui passe retenir ce qui fuit

fixer ce qui par nature demeure mobile


nous appelons cela sécurité ou amour 


l'existence y répond par le changement


la peur naît lorsque le futur envahit le présent


la jalousie naît lorsque l'autre cesse d'être une présence 

pour devenir une possession imaginaire


toutes deux refusent l'ouverture du réel




métaphysiquement 

elles témoignent de notre difficulté 

à consentir à l'impermanence


nous sommes des êtres finis cherchant un absolu 

dans un monde où tout circule


nous voudrions transformer le fleuve 

en statue


mais le fleuve continue 

de couler

la peur tente d'immobiliser 

le temps

la jalousie tente d'immobiliser 

autrui


toutes deux perdent inévitablement leur combat 

contre le mouvement de l'être



le sage ne tue pas ces deux chiennes

il cesse de les nourrir


car elles vivent de notre attention de nos récits

de nos anticipations


elles grossissent avec les images 

que nous fabriquons


elles s'affaiblissent lorsque nous revenons à la simple

présence des choses




le poète les reconnaît autrement

il les entend marcher dans les fourrés de la conscience 

lorsque le vent tombe


il sait qu'elles appartiennent encore à la vieille animalité 

dont l'homme n'est jamais entièrement sorti


mais il sait aussi qu'il existe 

une autre fidélité

non celle qui attache

celle qui ouvre

alors la peur devient vigilance

la jalousie devient amour délivré de la possession





les deux chiennes faute de nourriture s'éloignent 

dans la montagne intérieure jusqu'à disparaître 

derrière la ligne des arbres


le silence enfin n'a plus besoin 

de les surveiller



























Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage.
Henri Michaux , Face aux verrous.

Du "Dao" originel
du commencement du réel
des signes célestes
des formes terrestres
des règles saisonnières
de l'examen des choses obscures
des esprits essentiels
de la chaîne originelle
de l'art du maître
des évaluations fallacieuses
de l'équivalence des moeurs
des résonances du "Dao"
de l'inconstance des choses
des paroles probantes
de l'utilisation des armes
montagne de propos
forêt de propos
du monde des hommes
du devoir de se cultiver
de la synthèse ultime


"ô le plus violent paradis"

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A1 A10 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8 A9 AB ABDL Abécédaire Abîme Aboulafia Abréviations Abrüpt Abruzzo absolu ACC Acker acronyme Actis Actualités ADBP Adorno ADR Adrénaline ADUMC Advaita AELT Agamben Agenda AgnèsMartin Agrafe et boite Ainsité Aïon AIR Air du temps akasha Akhmatova AL Alain de Lille Alan Davies Albiach Alchimie Alechinsky Aleph ALF Alferi alien Alina Reyes ALTH AM Amande Ammons Amor fati AN Anagrammes Analogie Anaphore Anaximandre Anders André Breton André du Bouchet André Velter Andy Goldsworthy animal animation Annick Ranvier Annonciations Anthologie ANTI Antin David AP Aphaïa aphorismes Apollonios aporie Appelfeld Approche APUMM APZ APZT Arago Aram Saroyan Arbres Archéopoésie ArgentOr Aristote Arp Arseguel Art sacré ARTHAUD AS ASDMI ASF Ashbery ASLEND Assez Astrologie Asymptote Atlantide attente Aurélien Barrau Aurore Automne Auxméry AVB Avec Avent AW axiologie Axiomes Azam B B.Celerier Babel BABIL Bachmann Baies Baigaitu BAM Banal Bandeaux Barque Barré Barry Lopez Barthes Bashô Basque Basquin Bataille Battala BAZAR BDLE BDLF Beaufortain Beckett Beckford Benedetto Bénézet Benoît Labre Benveniste Bergounioux Bergson Bernstein bête Bhattacharya bibliographie Bibliothèques bientôt Bimot Binet bio biographie BioMobiles Biopsies Bishop BISSES1 Bivouac Blackburn Blaine Blanc Blanchot Blanqui Blaser Blau Duplessis Bleu Bloy Bobin Bochner Bohm boisflotté Bök Bonheur bord de terre Borges Bouddha Bouthonnier Bouvier Bozier Brautigan Bretagne Bribes Briciole bricoleur Brisset Bronk Broodthaers Bruckner Bryen BSRM Butor Byron C C.C C.D.A C.E.T C.F. C.Olson çacest café calcul Camino Campo Cantor Cantos Capital Capricorne Captures Carl Andre carnet Carson Carte postale Cartes et globes Carver Casas Cavale cavernes Cazier CCB CCEM CDLP CDLRP CDMDCDD CDN CDRSLS CDS ce ce qui est ceci cela Céline Celui Cendras cequej'aime Cerbelaud cercles Cerf Ceux Cézanne CGJ CH5 Chalamov chaleur chaman Champs chant chant1 Chants et Poésies Chappuis Char chartres Chartreuse Chaton Chemins ChenZhen Chladni Choeur Choisir Chômei Chose Christian Dotremont christo Chu-Ta Ciel Ciel profond Cioran Circé citations civilisations CL Claude Favre Claude Simon Clausewitz CLBC CLC Climat Closky Clouscard CMDOT Code Cole collages coller Collines collobert Combines Côme comme comment Compact compostelle conatus conscience constitution contepersan contingence contre conversation Copier Corbeau corpus Cortazar couleur covid CP Cravan Creeley cri crystallography CS.PAP CSB CSMM Cummings cut Cut 1 CV Cyber cycle Cyrano CyT D.SNLS Dada DALA Dans Danse Dao Dasein Dates DCPC DD DDLR de De Vries Decout DEE definition définitions DEGAULLE Deguy Deleuze Delillo délires Démocrite Denis Roche Déplacement Dérive Derrida Des Déserts Désir Détails Détournement DETQC Dextre DFRC DH DI Diable Dialogues Dickinson Dillard Diogène Divers DJLC DLADLS DLNI DMI DMOAM Domerg Donne Dryas DSDLDS Duchamp DUM Dumond Duncan DUNE Duras Durer Duvauroux DVDC Dworkin E E.Baer E.C E.E. E.O E.P. EA EAIO EB écart énigme Echenoz échos Echos L.A. Eckhart Tolle éclipse Eco Ecosse écoute écritures Eddas EDG EDJ EDLCDS EDLF Edmond Jabès EDO EIJS elle ELLEDIT ELLELL Elles Ellul EM Emerson Empédocle EN ENCORE encres et musique Encres et peintures Ennéade ennui EnSof Entre entrelacs environnement Eons EPE épiphanies épistémologie EPLA époché Eranos ère ERRER Escher ESE Eshleman Esnault ESPA Espace Espitallier essais EST ét été Etel Adnan ETLPDMP Etna étoile Etymologie Eucharistie Euler évangile Eventail Exergue F F.A. F.EAA F.O F.Pirates FAA Fable Fadeur faits FAJ Fantasy Faune Fayçal fenêtre Fengliu feu Fiction Films FiniSol Finkielkraut FIVE FL Flore fmr FNAR Foligno Forest Formalisme Foucault Fourcade Fourier FP FQPCC Fractales fragm Fragme Fragments France François Cheng Frappat Frémon Fréquences Froid Fugue Fuji Futur G.C.L. G.Luca G.R.I Gary Snyder Gaza GB GDD GDLMC GDT GEGO Gelassenheit généalogie genese Genet Genji Géologie géométrie géophanie Géopoésie Gervais Geulincx GIA Gif Giffard Giovannoni Girard Giraud Giroux Gizzi Gleize Glossaire GMH Gnoséologie Gobenceaux Godard Gödel Godwin Goethe Gombrowicz Gongora Goodman Nelson GOPC GPDB GR54 GR70 GR91 Graal Grâces Gramm gris Grothendieck Guerre Guesdon Guy Debord Guyau Guyotat GVDT GWFH Gygès H H.Corbin H.D. H.P Hadot Haenel haïku Hamant Hamish Fulton Hamon Harms Harrari Hart Crane Hausmann Havet HDT HE Heaney Hécate Hegel Heidegger Hello Henri Michaux Henri Thomas Herbes Herta Müller Hésiode Hesse Heures hexagrammes HFSR HHPC Hikmet Hillesum Hiroshi Yoshida Histoire HM HN HO Hocquard Hofmannsthal Hohl Hölderlin Hominidés homonymies Horace Houellebecq HR. HRC HS HSCDLAE HTH Hubin Hugo Ball Huguenin Hume HV Hymnes orphiques Hypérion hypertexte Hypnos i I remember I.P-B. IA ici idéogrammatique IDLR idole IFE Igitur il Illuminations illuminer illuminisme ILVLA ilya immédiat immédiatement Impensable impératif imperceptible Impresses incertitude Index individu Infini Infinitif initiales inquiétude Insectes installation instant Internet Interrompre invisible Irwin Ishihara Isidore Isis isolato Issa italiques Ivsic J-P Michel J.J.F.W. J.J.U. J.L.P Jaccottet jaime Jakobson Jankélévitch JANUS Jardin Jaspers JAZ JBE JCERDM JDLF JDS JE JE & Jean jean Daive Jean Michel Lou JELRLT Jesuis Jésus jeu JHN Jirgl Joan Mitchell John Cage Jouffroy jour jour17 Journal Jours jours17 Jousse JR Juarroz Jullien JYL K.G K.K Kabîr Kafka Kairos Kaplan Kapoor Kastrup Kathleen Raine Katué Kawara Kay Ryan KDCN KDICK Keats Kenneth White Kerouac Khazar Khlebnikov khôra Kiarostami Kingsley Kircher KK KLTDD koan Koons Koshkonong Kosuth KOUA Kral Kuhn Kundera Kunitz Kybalion Kyoto L.A.S L.D. 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