le livre est dit du monde
le monde est posé comme livre
les signes sont présents
les formes sont lisibles
la nature s’offre à la lecture
le regard parcourt
le sens est cherché
les choses font signe
le livre demeure ouvert
le monde reste
Liber Mundi
le livre du monde
non écrit
et pourtant partout lisible
une page sans début
où chaque chose est signe
non pour être traduit
mais pour être traversé
dans la tradition médiévale
le monde est un texte offert
une écriture divine dispersée
dans les formes les saisons les visages
théologie médiévale
lire n’est pas déchiffrer
c’est reconnaître
une correspondance silencieuse
entre ce qui est vu
et ce qui ne se voit pas
la pierre parle
la lumière écrit
le vent relie
et l’homme
n’est pas auteur
mais lecteur
et parfois
oubli de lecture
le liber mundi ne s’impose pas
il attend
il ne révèle rien
à qui cherche des preuves
mais tout
à qui accepte
de voir comme si voir
était déjà comprendre
alors le monde cesse d’être chose
il devient texte ouvert
une présence signifiante
sans commentaire
où chaque fragment
contient le tout
et où lire
c’est simplement
habiter
ce qui est déjà écrit
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