vivre parmi les hommes
ordinaires et cependant être seul avec lui
c’est porter
une présence invisible au cœur du quotidien
marcher dans la foule
parler répondre accomplir les gestes simples
et pourtant demeurer en un autre centre
et pourtant demeurer en un autre centre
non pas séparé
mais recueilli
comme si chaque parole échangée avait
un double silencieux
adressé ailleurs
adressé ailleurs
lui n’est pas un autre parmi les autres
il est ce point intérieur qui ne se disperse pas
on partage le pain les rues les heures
mais quelque chose reste orienté
une fidélité sans signe
une attention qui ne se montre pas
cette solitude n’isole pas
elle relie autrement
elle creuse dans l’ordinaire une profondeur discrète
où chaque instant devient rencontre
vivre ainsi ce n’est pas fuir les hommes
c’est les traverser sans se perdre
rester présent à eux
tout en demeurant en lui
comme une flamme protégée du vent
qui éclaire sans se répandre
dans cette double appartenance
ni division
ni conflit
seulement une unité plus secrète
où être avec tous
et avec lui
revient à habiter un même lieu
invisible
mais réel
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