j’ai franchi l’été
comme une masse éclatée
la montagne
demeurait derrière mes pas
demeurait derrière mes pas
avec
ses pierres chaudes
ses herbes brûlées
ses silences d’altitude
moi-même dispersé
dans la lumière trop vaste des jours
comme si la saison avait défait mes contours
pour me répandre dans le paysage
ne laissant de stable
que le souffle la marche
et cette fatigue claire
des longues traversées
la chaleur est présente
le lieu reste vide l’air demeure tiède aucun corps n’occupe l’espace
la température persiste
le vide reçoit la chaleur la présence manque le calme se maintient
la chaleur continue la vacance demeure
je marche
réuni au feu dans le papier vague confondu
avec l'air la terre désamorcée
chaleur orpheline
chaleur sans demeure
errant d’un corps à l’autre d’une pierre au soir d’une main à la mémoire
feu vacant dans les chambres de l’air
tiédeur abandonnée aux murs blancs
présence qui cherche encore où reposer son feu
chaleur retirée du monde sensible
ardeur vide traversant les pièces
la douceur porte quelque chose d’exilé
feu absent sous la peau des choses
chaleur sans destinataire
une survivance fragile dans l’air déjà traversé par l’absence
chaleur désaffectée
tiédeur métaphysique
un reste d’intensité demeuré dans les choses après le départ des croyances
chaleur sans centre
feu pâle dans l’espace désert
une basse température de l’âme et du monde ni ferveur ni froid véritable
chaleur séparée de toute présence
ardeur flottant dans un lieu inhabité
une persistance diffuse un climat intérieur sans certitude
chaleur laissée vacante par le départ des corps
une chaleur qui ne réchauffe plus rien
où quelque chose continue d’émettre sans plus savoir vers quoi rayonner
chaleur abstraite
dérivant dans le silence
feu immobile
dans une architecture vide
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