le vert des feuilles après la pluie semble penser
plus lentement que nous
dans certains jardins le vert n’est pas une couleur
mais
une respiration
le premier vert du printemps contient davantage d’avenir
qu’un discours entier
je regardais une mousse sur une pierre
soudain
la patience du monde
devenait visible
le vert des algues au bord de la mer donne au soleil
une profondeur liquide
entre deux immeubles
un arbre persistait
petite victoire végétale contre l’abstraction
il existe des verts silencieux qui guérissent
sans parler
le vert très sombre des cyprès ressemble à
une méditation
verticale
certaines collines au loin ont la douceur
d’une pensée qui ne veut convaincre
personne
dans la forêt le regard cesse peu à peu
de se séparer des choses
le vert du lierre sur les murs abandonnés est
une manière calme de reprendre
le temps
un simple brin d’herbe dans une fissure de béton
suffit parfois à rétablir le monde
le vert olive au soleil du soir porte une fatigue heureuse
de fin d’été
je compris devant un champ immense
que le vert
est peut-être la couleur
de ce qui recommence
le vert n’éclaire pas
il enveloppe
certains matins la lumière verte des arbres fait du silence
une matière habitable
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