et si la réalité n’était pas de la matière mais
de la conscience
la pierre ne serait plus silence mais
pensée ralentie
pensée ralentie
la lumière ne serait plus onde mais
regard en train de se souvenir
alors nous ne serions pas dans le monde mais le monde serait en nous
comme un rêve qui se rêve lui même avec
une précision infinie
la distance deviendrait
une illusion nécessaire
une manière pour la conscience de se donner de la profondeur
pour mieux se contempler
chaque chose serait
un point de vue
chaque forme
une perspective
que la totalité adopte pour se goûter sous des angles
multiples
la matière ne disparaîtrait pas
elle deviendrait le geste de la conscience
lorsqu’elle se condense lorsqu’elle oublie
qu’elle est mouvement pur
le temps ne serait plus une ligne mais une respiration
une oscillation entre se souvenir et se perdre
entre unité et dispersion
dans cette hypothèse
voir serait déjà créer
toucher serait déjà connaître
exister serait simplement
être perçu par ce qui perçoit
il n’y aurait plus de séparation
seulement des intensités différentes
d’un même champ qui se module et se reflète
nous serions à la fois
l’observateur et l’observé
le rêveur et la trame du rêve
la question et l’écho qui lui répond sans fin
peut être alors que chercher la vérité
reviendrait à se reconnaître soi même
dans chaque chose
non pas comme identité
mais comme passage
une conscience sans centre
qui se déploie en mondes pour se rencontrer partout à la fois
et ne jamais cesser de se découvrir
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