une épiphanie
n’est pas une lumière qui surgit
mais une lumière qui
se reconnaît
elle ne vient pas elle se révèle
comme si elle avait toujours été là
en attente d’un regard capable de la laisser apparaître
c’est un instant
qui s’ouvre sur lui même et dans cette ouverture
tout devient soudain exact
sans raison
sans preuve
sans effort
le monde
ne change pas et pourtant il bascule
comme si chaque chose acceptait enfin d’être
ce qu’elle est sans détour
une épiphanie est un pli du réel qui se défait
une transparence brève où le mystère
cesse de se cacher sans cesser
d’être mystère
elle ne dure pas parce qu’elle n’a pas besoin de durer
elle laisse
une trace sans forme
une clarté qui continue de rayonner
dans l’ombre
celui qui la traverse ne comprend pas davantage
mais il voit autrement comme si
voir devenait
une manière d’être touché
c’est
une évidence sans contenu
une réponse sans question
une présence qui n’ajoute rien mais qui révèle tout
dans ce tout il n’y a rien à saisir
seulement à laisser être comme une respiration
qui n’appartient à personne et qui pourtant nous traverse
infiniment
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