elle se tient
dans la clarté comme
dans une fidélité ancienne antérieure à toute
division
pour elle
le monde visible n’est qu’un voile
non pour être rejeté mais pour être traversé
chaque forme porte en elle
une trace
chaque beauté
un reflet
chaque vérité
une résonance de ce qui ne change pas
elle ne cherche pas à inventer mais à reconnaître
il y a
en elle la certitude silencieuse
qu’une sagesse primordiale irrigue toutes les traditions
comme une source unique dispersée
en multiples rivières
elle écoute
les doctrines les symboles les rites
non pour les comparer
mais pour y retrouver l’empreinte d’une même lumière
sa pensée ne sépare pas
elle unit
elle voit dans les différences
des expressions diverses d’une vérité essentielle
immuable
verticale
ce qui importe n’est pas la surface des formes
mais leur transparence à l’Absolu
elle habite cette verticalité avec une rigueur tranquille
presque souveraine
la beauté a pour elle
une valeur
métaphysique
elle n’est pas un agrément
mais une preuve
une icône
un chant
un geste juste
tout cela devient
signe rappel ouverture
le beau élève
parce qu’il participe à ce qui dépasse le monde
parce qu’il en garde la mémoire
elle parle peu de l’époque
le temps historique l’intéresse moins que l’éternel qui le traverse
là où d’autres s’inquiètent du devenir
elle se tourne vers l’essence vers ce qui ne se dégrade pas
il ne s’agit pas
de fuir le monde mais
de le situer
de le replacer
dans un ordre plus vaste
son exigence est intérieure
elle appelle à une transformation de l’être
à une connaissance qui ne soit pas seulement intellectuelle
mais vécue
incarnée
savoir pour elle
c’est devenir conforme à la vérité que l’on contemple
elle ne conteste pas
elle rappelle
et dans ce rappel
quelque chose se redresse
une mémoire profonde
une orientation vers le haut
une invitation à dépasser la dispersion pour retrouver l’unité
non comme une idée
mais comme une présence à laquelle consentir
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