lignes de fuite
comme micro-événements de pensée et de devenir
le quotidien ne se répète jamais
il insiste mais chaque fois autrement
dans l’habitude quelque chose dévie
et c’est là que commence
une pensée
le geste automatique contient
une bifurcation invisible
on ne quitte pas une situation
elle se fissure de l’intérieur
ce qui semblait stable révèle
une vitesse cachée
un détail
arrache le réel à son évidence
le temps ne passe pas
il se plie se disperse s’échappe par fragments
une contrainte trop forte
engendre sa propre ligne de fuite
on ne choisit pas toujours de partir
parfois c’est le monde qui cesse de tenir
l’identité ne tombe pas d’un coup
elle se délite par petites variations
ce qui déborde n’est pas un excès
mais une autre organisation possible
une rencontre n’ajoute rien
elle reconfigure tout un champ
penser
c’est suivre
une ligne qui n’existait pas encore
le sens ne se découvre pas
il se produit dans la dérive
chaque situation porte en elle
sa propre échappée
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