il échappera aux cadres du sens
et dans son étrangeté nue il dira
que tout
l’alogon est posé
la raison n’est pas engagée
la parole ne structure pas
le sens n’est pas formulé
la pensée ne se fixe pas
l’ordre ne s’établit pas
l’état reste sans discours
l’absence demeure
alogon ne se comprend pas
il se tient au bord de ce qui échappe
ce n’est pas l’absence de logique
mais
un dehors de la logique
un lieu où les raisons cessent de se suivre et commencent
à se dissoudre
le logos cherche à relier à ordonner à dire pourquoi
l’alogon laisse être sans pourquoi
il n’est pas chaos au sens d’un désordre
il est plutôt
une antériorité
une zone où le sens n’a pas encore pris forme
ou a déjà cessé d’en avoir besoin
dans l’alogon les choses ne signifient pas
elles apparaissent
elles ne renvoient pas
elles insistent
c’est un espace
où la pensée ne progresse plus
mais s’ouvre comme si comprendre
devenait secondaire face au simple fait d’être en présence
peut être que l’alogon est ce qui subsiste
quand toute explication
s’épuise
une nudité du réel
sans médiation sans justification
dans cette nudité il n’y a ni erreur ni vérité seulement
une évidence brute qui ne se laisse ni saisir ni traduire
comme un silence qui ne manque de rien
comme une présence qui n’a pas besoin
d’être comprise pour être
totale
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