cette zone étrange
qu'on appelle le soir et qui commence
dès qu'on le désire
cette zone étrange est la kénose de la chronologie
elle n’est pas une heure marquée sur le cadran mais
une ligne de désir qui s’ouvre dans l’esprit
le soir n'attend pas la chute du soleil il commence
dès que l'on accepte de baisser les paupières
sur le fracas du monde pour laisser
monter le froid silence
c’est l'entrée définitive dans la maison derrière la colline
la géographie du consentement
le soir est une fenêtre du jour que l'on choisit de franchir
il n'est plus une durée mais un ton de lumière
intérieur
le seuil du désir
dire c'est le soir c'est interrompre le monologue
de l'action.
c'est décider que l'images'arrête pour que le noir plus vaste
commence à poudroyer
c'est l'instant où l'on coupe l'œuf pour n'y trouver
que l'apaisement
la colonisation du Temps
dans cette zone la vitalité ne s'éteint pas elle change
de fréquence
le bal parmi les rosiers peut y durer une éternité ou une seconde
car le temps y est devenu un objet
qui contient l'infini
la présence de l'absence
on y retrouve ceux que l'on connaissait et qui partaient
comme dans la poésie de Dickinson
dans le soir voulu
la ruine n'est plus amère
elle est une ombre douce qui repose sur le pin mort
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