l'observateur est l'observé
le regard ne se distingue plus de la couleur qu’il absorbe
la peur n'est pas un objet extérieur que le moi examine à distance
un miroir ne possède aucune identité en dehors
du reflet qu'il porte
l'analyste est lui-même le matériau qu'il tente de fragmenter
une vague ne peut pas s'extraire de l'océan
pour s'observer couler
la pensée qui dit je souffre est la structure même de la souffrance
l'oiseau en plein vol est l'espace qu'il traverse
et l'air qui le porte
la division entre le penseur et sa pensée est une ruse de la mémoire
on ne regarde pas le silence
on est le silence
qui écoute
la colère n'est pas une entité séparée de celui qui l'éprouve à cet instant
l'œil qui cherche la vérité est l'obstacle
qui l'empêche de surgir
dans l'attention totale le centre de gravité de l'ego s'évapore
le mot arbre n'est pas l'arbre mais l'image
qui occulte le vivant
l'observateur est le passé tentant de juger le présent qui s'écoule
une main qui serre une autre main ne sait plus
laquelle donne la chaleur
la conscience est le miroitement de la lumière sur une eau sans ride
Supprimer l'intervalle entre le sujet et l'objet
c'est abolir le temps
la fleur n'attend pas d'être vue pour exister dans sa plénitude
le conflit intérieur s'arrête net lorsque l'entité
qui juge disparaît
être
c'est la fin de tout effort
pour devenir autre chose que ce qui est
un effet de présence immédiate
l'abolition de la hiérarchie
le saut perceptif
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