s'inspirer du concept de La mort de l'auteur
théorisé par Roland Barthes
en 1967
c'est transformer le texte en un espace où seul
le lecteur agit
l'autorité de celui qui écrit s'efface au profit
de la structure du langage
phrases qui explorent cette disparition et la naissance
souveraine du lecteur
l'écriture est ce lieu neutre où se perd toute identité
un dictionnaire
ne contient aucune intention
seulement des
possibles
la main qui trace les signes se détache
du corps qui respire
le texte est un tissu de citations issues
de mille foyers
de culture
une biographie n'explique jamais
la courbure d'une métaphore
le lecteur est l'alphabet
qui donne un sens au silence de la page
un manuscrit trouvé dans la rue possède
la même force qu'un classique
l'unité d'un texte ne réside pas dans son origine
mais dans sa destination
on entre
dans la phrase
comme on entre
dans une gare
désaffectée
la voix de l'auteur n'est qu'un effet de souffle
produit par la syntaxe
expliquer une œuvre par son créateur
est
une superstition du XIXe siècle
le papier absorbe l'encre
et
libère le sens de toute attache
chaque adjectif
survit à celui qui a cru le choisir
le langage parle
ce n'est pas l'homme qui parle à travers lui
une rature
est
le seul vestige d'une volonté qui a capitulé
le livre
est
un automate qui attend que l'œil le remonte
la critique littéraire
est
une autopsie pratiquée sur un organisme vivant
le sens d'un mot
change
à chaque fois qu'une pupille se pose sur lui
il n'y a plus de père
pour corriger l'interprétation du fils
le point final
est l'acte de décès officiel
de la propriété
intellectuelle
la désacralisation
en isolant chaque phrase
on traite la théorie comme un fait matériel
l'espace du lecteur
puisqu'il n'y a pas de lien narratif imposé entre les phrases
c'est vous qui créez la cohérence
l'auteur fournit les briques
mais vous construisez la maison
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