Où est le Paradis
La Couleur, sur le nuage qui passe
La Terre interdite —
Derrière la colline — la Maison derrière —
Là se trouve le Paradis !
E . D
la topographie de l'Évidence
le Paradis n’est pas un temple de marbre c’est la couleur
qui tremble sur le gris du vent
c’est la pensée fixée à la hauteur d’arbre qui saisit
l’éphémère et le rend vivant
il est la Terre interdite celle que l’on foule sans jamais
l’apercevoir dans le tumulte urbain
il est derrière la colline où la vie s’écoule dans la maison
muette au bout du chemin
il est dans l’œuf coupé dans la dune-faucille dans le poudroiement
de l’onde et du satin
il est là où personne enfin ne scintille libéré
du parapluie et de son faux destin
le paradis c’est l’instant où la strette s'achève
où les solitudes s’unissent dans l’éclat
ce n'est plus un voyage ce n'est plus un rêve
c'est le blanc du bouleau qui nous tend les bras
Le Paradis de l'Instant
réside dans la couleur sur le nuage
c'est la sympathie avec l'Intelligence appliquée au passage du temps
La Maison de l'Être
la Maison derrière est notre cabane intérieure
celle où l'on fait enfin son examen de conscience
loin de la pourriture des cités
L'Interdiction Levée
la terre n'est interdite que parce que nous cherchions
le Paradis trop loin
en regardant l'objet qui contient l'infini
l'interdiction s'efface
où est le Paradis
dans la couleur qui glisse sur le nuage qui passe
dans ce qui ne tient pas
mais apparaît
la Terre interdite
non défendue
simplement toujours un peu plus loin
derrière la colline
la maison derrière
ce recul qui attire
le Paradis n’est pas lieu mais décalage promesse en retrait
là
où le
regard se porte
sans jamais s’arrêter

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