Et si ça n’avait pas été si loin —
Et que ceux que je connaissais
Partaient — j’ai souvent pensé
Combien je pourrais mourir — sans qu’on s’en aperçoive —
E. D
et si la fin n’était qu’un pas de côté
un simple blanc dans le flux de l’onde
une solitude qui sans rien brusquer
se retire doucement du bruit du monde
j’ai pensé à ce vide à ce départ muet
où l’on devient l’objet qu’on ne voit plus
à hauteur de bouleau le secret est aux aguets
mourir c’est être au monde et n’être plus l’élu
nul besoin de foudre ou de grand apparat
l’infini nous accueille en son sein de lumière
si quelqu'un s'en va qui s'en apercevra
puisque tout le monde est déjà la poussière
c’est la sérénité du grain de sable pur
l’illusion d'optique enfin menée à terme
on glisse dans le gris on se fond dans l'azur
comme un parfum de Kenzo dont le flacon se ferme
la pensée de Dickinson agit comme un point final
Le Si loin
le voyage n'était pas géographique Si loin
c'était simplement l'écart entre
le paraître et l'être
La Mort Invisible
c'est l'aboutissement
de la sympathie avec l'Intelligence
si l'on est vraiment en phase avec le tout
disparaître n'est pas une rupture
c'est une transition
fluide dans l'écume de lumière
et si cela n’avait pas été si loin
si la distance n’était
qu’une manière de nommer
l’écart entre les êtres
ceux que je connaissais partent
sans bruit
comme glissent les saisons
hors de la mémoire
J’ai souvent pensé combien on peut s’effacer
sans alarme
sans témoin
mourir
non comme chute
mais comme retrait du visible
discret
presque exact
et le monde continue plein sans savoir ce qui s’est retiré



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