la terre ne finit pas elle s'interrompt contre le jour
le blanc occupe tout l'espace que la parole abandonne
une pierre ne pèse que le silence qu'elle déplace
la route monte jusqu'à ce que le ciel devienne un mur de chaux
on marche dans le fracas d'un soleil qui ne décline plus
le vent est le seul lien entre la main et la montagne
l'air est une vitre brisée que nous traversons sans blessure
la soif commence là où le mot s'arrête de couler
un éclat de quartz retient la foudre dans son sommeil
la distance n'est qu'un froid qui se déplace entre les arbres
on ne voit du feu que la cendre qu'il prépare déjà
la langue se heurte au sol comme un soc de charrue
le bleu n'est pas une couleur c'est une absence de limite
chaque pas déchire une couche de silence millénaire
la poussière s'élève pour témoigner du passage de l'ombre
le vide est la charpente invisible de tout ce qui se tient debout
une porte s'ouvre sur un champ où la lumière est un cri
le temps s'immobilise dans la fissure d'un muret de pierre sèche
nous habitons l'intervalle entre deux souffles de l'horizon
le papier est la neige où le poème cherche son propre froid
le jour bute contre la vitre avant de se répandre sur le sol
une fenêtre est une ponctuation qui fragmente l'horizon
le verre sépare la température du monde de sa lumière
le matin s'installe dans le cadre comme une toile encore fraîche
un oiseau traverse le champ visuel sans laisser de sillage
la poussière danse dans l'inclinaison précise d'un rayon de soleil
regarder dehors est une manière de différer le premier mot
le bois de l'imposte a gardé l'humidité de la nuit
la clarté est une hache qui dessine des formes géométriques sur le tapis
un reflet transforme la chambre en une superposition de deux mondes
l'extérieur est un texte que la vitre traduit avec plus ou moins de transparence
la poignée métallique est le point de contact entre le clos et l'ouvert
le ciel s'immobilise dans l'angle supérieur gauche du carreau
une ride sur le rideau dévie la trajectoire de l'ombre portée
le seuil de la vision coïncide exactement avec le rebord de pierre
la transparence n'est pas une absence c'est une tension maintenue
midi efface les ombres pour rendre au jour sa verticalité pure
le passage d'un nuage modifie la saturation des couleurs intérieures
on ne sait jamais si l'œil regarde ou s'il est traversé par le paysage
la fenêtre fermée retient le souffle du vent à une épaisseur de doigt
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